Cinq livres de science-fiction à lire sur la plage cet été

Voilà près d’un an que, tel le chat Petronius, nous cherchons désespérément la porte sur l’été. Non, parce que, franchement, le passage des saisons, c’est très surfait. L’été, c’est la vie. Et nous y sommes enfin, l’été commence demain ! Avec l’été, arrive l’incontournable question : que lire cette année sur la plage ou à l’ombre des pins, au bord de la piscine en sirotant un mojito ? Comme tous les ans, je vous propose une liste de cinq ouvrages de science-fiction publiés cette année, pour parfaire votre bronzage tout en vous agitant les neurones.

Gnomon – Nick Harkaway

Commençons de suite par un roman magistral, l’un des meilleurs livres de ces dix dernières années : Gnomon de Nick Harkaway. Il s’agit là d’une lecture exigeante, qui demandera de votre part un investissement total. Enigme policière à la structure narrative labyrinthique autant que réflexion philosophique sur notre avenir proche, interrogeant nos sociétés de surveillance telle une mise à jour contemporaine de 1984, voilà un roman comme il en existe que très peu et qui offre une expérience de lecture unique en son genre. Ses deux tomes de 480 pages chacun occuperont merveilleusement vos heures lascives. (Voir les chroniques du tome 1 et du tome 2)

Gnomon, tome 1et 2 – Nick Harkaway –  Albin Michel Imaginaire – trad. Michelle Charrier – mars 2021 – 2 x 480 pages.


La Fabrique des lendemains – Rich Larson

Pendant qu’en France on se lamente de l’état critique de la SF, genre littéraire dont l’agonie durerait depuis toujours, certains commentateurs anglophones estiment au contraire que nous vivons un nouvel âge d’or. Le fait est qu’on assiste ces temps-ci à l’émergence de nouveaux talents qui selon moi dessinent l’avenir du genre. Et s’il est un auteur qui semble vouloir porter haut l’étendard, c’est bien Rich Larson. La Fabrique des lendemains propose très certainement ce qui se fait de mieux aujourd’hui dans la forme courte. Qui plus est, quoi de mieux qu’un recueil de nouvelles à picorer entre deux olives et une tomate-mozza ?

La Fabrique des lendemains – Rich Larson – Le Bélial’, coll. Quarante-deux – trad. Pierre-Paul Durastanti – octobre 2020 – 512 pages.


Au bal des absents – Catherine Dufour

Je sors ici du cadre de la science-fiction pour vous proposer la lecture d’un roman de fantastique de Catherine Dufour. Il s’agit là d’une de nos plus belles plumes françaises et j’aurais très bien pu choisir de vous présenter le recueil Arithmétique terrible de la misère de l’autrice. Mais pour cette sélection estivale, je préfère vous recommander un roman. Il y a d’autres recueils dans la liste. Au bal des absents est un roman très habile qui se joue des tropes de la littérature fantastique et les détourne. Catherine Dufour renverse le thème classique de la maison hantée pour en faire une critique sociale, et de l’exorcisme un outil de libération féminine. Vous avez prévu une location pour cet été ? (Voir la chronique)

Au Bal des absents – Catherine Dufour – Seuil, coll. « Cadre noir » – Septembre 2020  – 228 pages.


Friday Black – Nana Kwame Adjei-Brenyah

Alors qu’ici, on s’émeut que le dernier prix Goncourt ait été attribué à un roman de « science-fiction » (L’Anomalie d’Hervé Le Tellier), Nana Kwame Adjei-Brenyah fait partie d’une génération d’auteurs américains qui considère sans même y penser que la littérature ne s’enferme pas dans des genres, qu’elle est littérature. Il va ainsi chercher dans la science-fiction, le fantastique ou l’horreur, une liberté créative sans contrainte qui lui permet d’user de l’hyperbole et de donner à ses écrits la puissance nécessaire pour pointer les réalités les plus crues de la société américaine d’aujourd’hui, son racisme endémique et ses dérives violentes. Dans le monde brutalement dystopique peint en douze nouvelles, le lecteur oscille constamment entre la suspension consentie de l’incrédulité et le sentiment prégnant d’une atroce réalité présente. Franchement, restez en France pour les vacances. (Voir la chronique complète)

Friday Black – Nana Kwame Adjei-Brenyah – Albin Michel, coll. « Terres d’Amérique » – trad. Stéphane Roques – Janvier 2021 – 272 pages.


Au carrefour des étoiles – Clifford D. Simak

Après ces lectures très sérieuses, il est temps de se détendre un peu avec non pas une nouvelle sortie mais la réédition d’un classique, sous une nouvelle traduction qui lui fait prendre l’air et dépoussière le texte. Le roman date de 1964, année où il a reçu le prix Hugo.  Il raconte les efforts d’un homme ordinaire pour maintenir, depuis son Wisconsin natal, la paix dans l’univers. C’est un texte marqué par un profond humanisme et une véritable poésie de l’altérité, ainsi que par une mélancolie typiquement simakienne. Une lecture plus tranquille pour un été en douceur. (Voir la chronique)

Au carrefour des étoiles – Clifford D. Simak – J’ai Lu, coll. Nouveaux Millénaires – trad. Pierre-Paul Durastanti – Avril 2021 – 256 pages.



Catégories :Actualités, Tops

10 réponses

  1. J’ai le Rich Larson dans ma pal, tout va bien ! 😁

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  2. Quatre bouquins déjà lus. L’été sera court ! ^^

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  3. Mojitos et livres, bien vu 😉
    « Gnomon » et « Au bal des absents » sont déjà dans ma liste d’envie mais je vais me concentrer sur les livres que l’on m’a prêté… Cela dit, c’est tentant de faire des entorses à ses résolutions, surtout avec un tel programme.

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  4. Gnomon je n’ai pas encore le courage ^^, surtout pas en vacances, mais l’insistance générale me fera plier je le sens.

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  5. « Gnomon », lu mais franchement il faut être concentré tellement c’est dense, je ne le qualifierai pas pour la plage. Je le relierai dans quelques mois car c’est très complexe et je suis sur d’en avoir manqué des bouts (surtout philosophiques). « Au bal des absents », lu , je devrais dire dévorer, du coup je vais commander « l’arithmétique terrible de la misère ». « Au carrefour des étoiles », lu il y a 40 ans, le dilemme relire un classique ou découvrir un inédit, ce sera le deuxième choix, (la fabrique des lendemains). Je viens de commencer ce qui a toutes les allures d’un bijou inclassable « l’homme qui savait la langue des serpents » de Andrus KIVIRÄHK. Quand à relire des classiques, je viens de recevoir « le messie de Dune » sous couverture Aurélien Police et nouvelle traduction.

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    • Oui, je suis d’accord, Gnomon n’est vraiment pas un livre pour la plage. J’ai menti ! Je le relirai aussi, sans doute cet été. L’arithmétique est un excellent, excellent recueil ! Quand aux classiques.. le Messie est évidemment un très bon choix ! 😉

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