Fille de l’espace – Audrey Pleynet

migration.jpgDois-je encore présenter Audrey Pleynet ? Si vous êtes un habitué de ce blog (oh, ça va hein, je sais qu’il y en a), vous vous souvenez que je vous ai parlé de sa nouvelle Citoyen+, de son recueil Ellipses, et que je lui avais posé quelques questions auxquelles elle avait répondu. Sinon, il est encore temps de parcourir ces liens. En 2019, l’autrice française a participé à une anthologie thématique coordonnée par Patrice Quélard et publiée par les éditions Arkuiris sous le titre Les migrations du futur. Le titre est assez finement trouvé puisque ce volume est consacré… aux migrations du futur. Seize auteurs ont planché sur la question et ont imaginé la forme que pourraient prendre dans un futur proche ou lointain les migrations humaines, volontaires ou subies, pacifiques ou guerrières. Dans le cadre de cette chronique, je ne parlerai que de la nouvelle Fille de l’espace d’Audrey Pleynet. Tout d’abord parce que l’autrice retient en otage plusieurs de mes volumes de la collection Une Heure Lumière et qu’en plus la nouvelle est bonne et originale.

Futur lointain. Dans la galaxie. La Guerre des planètes a eu lieu, déclenchée par les tensions vives entre les colonies humaines en raison de la grande disparité des conditions de vie dans l’univers. Alors que certaines planètes sont de véritables paradis, d’autres sont des enfers dénués des resources qui ailleurs abondent. Pour sauver l’humanité de la violence, il fut décidé que tous devraient observer des cycles et migrer d’une planète à l’autre tous les six mois. C’est à ce prix que fut acquise la paix interplanétaire. Audrey Pleynet imagine donc un avenir où tous sont migrants, où la possession des terres n’existe plus, et où la transhumance est forcée. Refuser le cycle vous condamne à devenir un Rouge, un paria qui n’a plus le droit de poser les pieds sur une planète.

Théana a seize ans et s’apprête à quitter la douce planète de Bellario pour suivre ses parents vers une nouvelle destination. Dans la station Rompoin-4, une de ces stations d’échange par lesquelles tous les migrants passent entre deux destinations attribuées par les autorités, elle recontre Mika, un jeune homme de son âge. Il l’appelle la fille de l’espace, car elle est née à bord d’une station d’échange alors que ses parents transitaient. Elle partage un instant avec lui mais ne s’attache pas d’amitié car c’est là un luxe impossible dans ce monde toujours en mouvement où il est improbable de revoir un jour une personne croisée sur une planète ou un autre. A seize ans, Théana a déjà connu vingt-neuf planètes.

« Son travail la passionnait et pour la première fois, elle passa des années heureuses, absorbée par le présent qu’elle chérissait. Elle bondissait de planète en planète et de lune en lune. Ravie de débarquer et ravie de repartir. Goûtant les plaisirs de chaque endroit et oubliant rapidement les difficultés de certains mondes. »

Théana a maintenant dix-huit ans et elle doit entamer seule son propre cycle. Par un hasard incroyable, elle croise à nouveau Mika dans un astroport. Ils deviennent les amants d’une nuit et se séparent à nouveau.  Nous allons ainsi suivre Théana au cours de sa vie jusqu’au jour où elle a trente-sept ans, soixante huit planètes et refuse de poursuivre son cycle…

Coutumière du fait, Audrey Pleynet nous propose encore une fois avec Fille de l’espace une nouvelle marquant par son intelligence et sa sensibilité, cette fois-ci sous la forme d’un space opera désenchanté dans un monde devenu absurde. L’originalité du monde dépeint, la construction habile de la nouvelle, une chute qui trouve le ton juste et la qualité de la plume de l’autrice en font une nouvelle très plaisante à lire.  Question subsidiaire : où se trouve chez vous lorsque vous n’avez pas de maison ?


Autres avis : le Maki est d’accord.


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Catégories :#projetMaki, Nouvelles

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9 réponses

  1. J’ai survolé ta chronique et je me suis empressé d’acheter le fichier numérique de cette anthologie. Je sus curieux de voir ce que donne ce nouveau texte d’Audrey.

    Merci pour la découverte.

    PS : normalement c’est une nouvelle par semaine et par par jour. Je fais comment moi, maintenant !!! lol

    Aimé par 1 personne

Rétroliens

  1. Ceux qui partent d’Omelas – Ursula K. Le Guin – L'épaule d'Orion – blog de SF
  2. Janvier s’achève sur une note pluvieuse – Albédo

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