Finder – Suzanne Palmer

finderSuzanne Palmer est une autrice américaine de science-fiction qui depuis 2005 a publié une trentaine de nouvelles dans des revues aussi prestigieuses qu’Asimov’s, Beneath a ceaseless sky ou Clarkesworld magazine. Sa nouvelle The Secret Life of Bots (Clarkesworld 132, 2017) a notamment été nommée pour le prix Sturgeon 2018 et a remporté le Hugo 2018 au titre de meilleure novelette. Finder est son premier roman et a été publié chez DAW (Penguin)  en de début d’Avril 2019. J’avais apprécié ses nouvelles les plus récentes qui, à l’instar de The Secret Life of Bots ou Thirsty-Three Percent Joe publié en Octobre 2018 dans Clarkesworld 145, racontent avec beaucoup d’humour les actions héroïques de robots ou plus généralement d’intelligences artificielles, pour sauver les hommes d’eux-mêmes. C’est malin, assez bien écrit et surtout drôle. On ne retrouve malheureusement pas ce charme dans Finder, qui s’avère un roman long et laborieux.

Un scénario classique

Le Halo de Cernee est une géante gazeuse autour de laquelle s’est installée une vaste colonie constituée d’astéroïdes et de stations orbitales. Le pouvoir politique est au main d’un gouverneur qui tente de stabiliser un système où le pouvoir politique et économique est partagé entre plusieurs grandes factions. Arum Gilger est un mafieux qui à l’aide de mercenaires recrutés dans une colonie pénitentiaire, s’est emparé d’une partie du territoire, s’imposant ainsi comme le cinquième pouvoir au sein du Halo.

Fergus Ferguson est un « repossession man ». Homme aux multiples talents, sorte d’Arsène Lupin devenu légendaire sur Mars, il travaille sous contrat pour une compagnie de fabrication de vaisseaux spatiaux. Il vient dans le halo pour récupérer le vaisseau Venetia’s sword volé par Arum Gilger. Au moment où il arrive, Gilger est sur le point de tenter un coup d’état pour faire main mise sur la Halo au complet. Plongé au beau milieu d’une guerre civile, Ferguson devra preuve d’ingéniosité et bénéficier d’une aide locale pour parvenir à remplir sa mission. Voilà qui pourrait constituer une trame scénaristique riche et pleine de rebondissements. Mais non.

[mode dézingage ON]

L’idée centrale du roman, ainsi que son personnage principal et certaines des aventures qu’il va vivre rappellent de (très) loin le Voleur Quantique d’Hannu Rajianemi. On n’ira pas plus loin dans les comparaisons, car Finder n’a ni les hauteurs de ce monument de la hard-SF, ni les profondeurs.  Finder se contente d’être un roman d’action dans l’espace proposant un scénario linéaire et sans surprise dans un univers construit a minima. Les personnages ne sont pas développés et par conséquent ne suscitent aucun attachement de la part du lecteur. Ferguson se présente comme la caricature de l’anti-héro cynique de polars vendus dans les gares. On attendait un héro à l’esprit affûté face à un malin méchant, mais Fergusson ne montre jamais le talent qu’il devrait pour rendre crédible sa réputation et Arum Gilger est un bourrin bas du front. Les motivations des différents protagonistes, que ce soient ceux qui déclenchent le conflit ou ceux qui tentent de le résoudre, sont toujours d’une simplicité confondante, voire parfois inexistantes. Ne restent alors que des scènes d’action qui se succèdent et se ressemblent, toujours en suivant le même schéma : Ferguson a un super plan, les choses tournent mal, il se fait tabasser, et échappe à la mort au dernier moment grâce à un intervention externe qui relève systématiquement du deus ex machina peu subtil. C’est navrant. Même comme space opera de série B, Finder peine à divertir puisque, finalement, qu’il se passe dans l’espace n’apporte rien.  Le scénario reste ainsi faible jusqu’à son dénouement. La scène finale, tout simplement ridicule, finit d’achever ce roman qu’aucune idée nouvelle ou fulgurance stylistique ne vient sauver de la noyade.

En conclusion, c’est un roman faible qui n’a aucun intérêt, ni pour un lecteur chevronné de SF, ni pour un lecteur débutant dans le genre.


Titre : Finder
Auteur : Suzanne Palmer
Publication : Avril 2019 chez DAW
Langue : Anglais
Nombre de pages : 400
Support : papier et ebook



Catégories :Romans

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4 réponses

  1. Je ne le sentais déjà pas rien qu’à la lecture de la quatrième, et ta salutaire critique confirme tout à fait ce sentiment. Merci !

    Aimé par 1 personne

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