Les brèves de magazine : Octobre 2018

cw_145_700Le mois dernier, je vous parlais des nouvelles proposées dans le numéro 144 du Clarkesworld magazine de Septembre. J’élargis ma sélection d’Octobre à d’autres publications car il y a en fait peu de textes passionnants à se mettre sous la dent ce mois-ci.

Du côté de Clarkesworld, le magazine américain propose, dans son numéro 145, sept nouvelles : The Miracle Lambs of Minane de Finbarr O’Reilly, Sparrow de YilinWang, When We Were Starless de Simone Heller, The Facecrafter d’Anna Wu, Thirty-Three Percent Joe de Suzanne Palmer, In Everlasting Wisdom d’Aliette de Bodard, et The Falls d’Ian McDonald.

J’avais déjà lu la nouvelle d’Aliette de Bodard dans l’anthologie Infinity Wars, mais étais passé complètement à côté. Maintenant que je connais mieux son univers sino-vietnamien Xuya, le texte fait plus de sens mais il reste à mon avis un texte mineur dans cet univers. De même, la nouvelle d’Ian McDonald m’avait laissé assez froid lorsque je l’avais lue dans l’anthologie Meeting Infinity. C’est un texte qui s’inscrit dans le monde de son cycle Luna et, si vous ne le connaissez pas, ce qui est mon cas, cela perd de son intérêt. Je reste sur ma première impression.

Thirty-Three Percent Joe – Suzanne Palmer

La seule nouvelle qui m’ait convaincu est Thirty-Three Percent Joe de Suzanne Palmer. L’autrice avait été nommée pour le prix Sturgeon 2018 pour sa nouvelle The secret life of bots que j’avais bien appréciée. Elle y montrait beaucoup d’humour dans le récit des actes héroïques d’un petit robot de maintenance à  bord d’un vaisseau de guerre dans l’espace et qui allait sauver le monde en prenant quelques décisions imprévues. La nouvelle 33% est du même calibre et s’intéresse cette fois-ci aux soldats augmentés. Au grand désespoir de sa mère qui voudrait le voir décoré pour son héroïsme, Joe est un mauvais soldat. Envoyé sur la ligne de front, il est systématiquement mis hors combat après seulement quelques dizaines de minutes, au plus. Cela en devient même une source de raillerie dans son unité. Mais il survit à chaque fois. La médecine militaire remplace les membres, répare les organes, par des prothèses cybernétiques intelligentes. La nouvelle est en grande partie faite des discussions entre ces différentes prothèses intelligentes qui constituent désormais 33% du corps de Joe et dont il n’a aucunement conscience. Leur programmation de base visant à la protection de Joe et de son intégrité, ses organes vont comploter contre lui pour tâcher de le maintenir en vie. C’est encore une fois plein d’humour et assez intelligent. Vous pouvez accéder à la nouvelle en suivant ce lien.

Le magazine Lightspeed propose deux textes en accès libre. Big Boss Bitch d’Adrienne Celt est un conte cynique sur l’arrivée à la Maison Blanche d’une femme et surle sexisme des hommes qui l’entourent. Ceux-ci vont arriver à une solution drastique pour la conformer à l’image qu’ils se font de ce que doit être une femme. Le conte est cynique, mais ne va pas très loin. The Horror of Party Beach de Dale Bailey est un texte de New Weird très convenu, à l’influence lovecraftienne prononcée. Il se déroule aux Etats-Unis dans les années 50 et semble avoir été écrit à cette époque. Il ne propose rien de novateur ni de très intéressant.

The Last Nine Days on Planet Earth – Daryl Gregory

Enfin, je termine ce tour d’horizon par un texte de Daryl Gregory publié en Septembre sur Tor.com, The Last Nine Last Days on Planet Earth. Pour tout dire, je l’ai lu trois fois, ce texte. La première, il ne m’a pas enthousiasmé plus que ça. Puis, j’y suis revenu car mine de rien, il était resté présent à l’arrière de mon crâne, dissimulé derrière d’autres pensées, surgissant à l’improviste au détour d’un rêve. Je n’ai pas eu d’autre choix que le relire à nouveau. Et au final, je le trouve très bon, ce texte. Daryl Gregory imagine neuf jours menant à la fin du monde. Ou pas. Ces neuf jours ne sont pas consécutifs, car même face à la fin annoncée de l’humanité, rien ne se passe comme prévu. Tout débute en 1975. LT a dix ans. Avec sa mère il va être le témoin d’un événement qui va bouleverser sa vie, celle de sa famille sur plusieurs générations, et celle de l’humanité toute entière : l’invasion de la planète par des extra-terrestres. Sauf que ce ne sont pas des vaisseaux qui arrivent au sol, mais des graines végétales. L’histoire va se poursuivre en huit autres dates : 1976, 1978, 1981, 1986, 1994, 2007, 2028 et 2062. Les graines germent, se développent, deviennent invasives, et l’humanité attend l’arrivée d’extra-terrestres qui auraient ainsi tenté de « xenoformer » la Terre. LT deviendra biologiste, tout comme sa fille. Ils étudieront ces plantes extra-terrestres qui poussent sur toute la planète, et au fond des océans. L’humanité devra s’adapter à cette nouvelle présence. A partir d’un thème classique en SF, une invasion extra-terrestre, Daryl Gregory propose un texte très original, et très humain. Une belle réussite.

 



Catégories :Magazines

Tags:

6 réponses

  1. Je ne sais pas si je dois être triste ou heureuse de ne pas savoir parler anglais et ne pas courir encore plus après le temps 😆 mais ces magazines ont l’air tout de même bien intéressant

    Aimé par 1 personne

  2. Je note 33% Joe, merci pour ce défrichage de la jungle des publications !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :