Les brèves de magazine : Janvier 2019

cw_148_350 Après des mois de Novembre et Décembre décevants en ce qui concerne les nouvelles publiées dans les magazines américains, aucun des textes lus n’ayant trouvé grâce à mes yeux, Clarkesworld Magazine ouvre l’année avec son numéro 148 qui nous donne à lire quelques bons textes. Le magazine propose sept nouvelles : Eater of world de Jamie Wahls, One’s burden, again de Natalia Theodoridou, Fire in the bone de Ray Nayler, The Ghosts of Ganymede de Derek Künsken, Venus in Bloom de Lavie Tidhar, Left to Take the Lead de Marissa Lingen et They Have All One Breath de Karl Bunker. Ces différents textes constituent un ensemble thématique et nous envoient vers un futur lointain, dans lequel l’humanité, qu’elle soit restée sur Terre (ou ce qu’il en reste) ou qu’elle ait émigré vers d’autres planètes ou lunes du système solaire, a plus ou moins perdu le contrôle de sa destinée.

J’attendais beaucoup des nouvelles de Derek Künsken et Lavie Tidhar mais elles se sont avérés décevantes, et ce n’est pas dans celles-ci que j’ai trouvé une émotion. Le texte de Marissa Lingen se lit bien mais sans plus. Celui de Natalia Theodoridou est idiot. Je vais donc m’intéresser aux trois autres.

Eater of World – Jamie Wahls

Une écharde de métal, une arme automatisée, voyageant à 99% de la vitesse de la lumière depuis d’innombrables années, percute la lune et la détruit. Elle va ensuite se ficher dans le sol de la planète Terre. Là, elle s’éveille et met en œuvre le programme pour lequel elle a été conçue : la destruction complète de la planète. Mais, on l’apprendra, son IA a été modelée sur un cerveau humain digitalisé et une partie d’elle est douée de conscience. Elle se découvrira sur Terre une mission autre. En écrivant sa nouvelle point de vue de l’arme, Jamie Wahls arrive à apporter un sentiment d’étrangeté et de révélation qui fait le bonheur de cette lecture. De plus, le sense of wonder provoqué par l’ampleur du récit et le niveau de la technologie déployée font de Eater of World un beau texte de hard-SF. Vous pouvez lire cette nouvelle en suivant ce lien.

Fire in the Bone – Ray Nayler

Nous sommes sur Terre, dans un futur non spécifié, mais éloigné. Les derniers hommes à vivre sur la planète sont des propriétaires fermiers aidés de robots qui récoltent le produit de leur plantation pour qu’il soit emporté par de grands navires spatiaux vers d’autres planètes. La nouvelle raconte le soulèvement des robots agricoles en proposant un twist final qui donne toute sa saveur à ce récit. De plus, la nouvelle de Ray Nayler possède une coloration inhabituelle en science-fiction qui lui donne des airs de littérature russe de la fin du 19e siècle. Sans être un monument de SF, les qualités de cette nouvelle justifient largement le temps de sa lecture. Vous pouvez lire cette nouvelle en suivant ce lien.

They Have All One Breath – Karl Bunker

Le dernier texte est le plus intéressant et illustre cette célèbre citation d’Orson Welles :

« In Italy for thirty years under the Borgias they had warfare, terror, murder and bloodshed but they produced Michelangelo, Leonardo da Vinci and the Renaissance. In Switzerland, they had brotherly love; they had five hundred years of democracy and peace and what did that produce? The cuckoo clock. » The third Man 1949.

La nouvelle raconte le monde humain, sur Terre, alors que les machines, les IAs, ou alors l’IA, personne ne sait trop en fait, ont décidé de prendre les choses en main sur la planète. Le première révélation s’est faite lorsque la guerre au Moyen-Orient a brutalement été stoppée par des micro-robots ont rendu les armes inopérantes et que d’autres ont distribué de la nourriture dans les camps de réfugiés. Les machines ne sont pas arrêtées là, elles ont ensuite supprimé la violence dans les sociétés en infligeant une décharge électrique à tout humain sur le point de commettre un acte moralement répréhensible. L’interventionnisme des machines s’étend jusqu’à la nature elle-même, interdisant au lion de manger le zèbre. Puis, elles décident de réguler les naissances. Personne ne sait ce que les machines veulent, ni d’où proviennent ces choix moraux qu’elles imposent. Le monde est devenu meilleur, mais que reste-t-il de l’humanité dans ces conditions ? C’est le questionnement de ce texte assez fort. Une très bonne lecture. Vous pouvez lire cette nouvelle en suivant ce lien.

 

 

 

 



Catégories :Magazines

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9 réponses

  1. Dommage pour la nouvelle de Künsken. Le résumé que tu fais de celle de Karl Bunker me rappelle Rejoice de Steven Erikson, mais probablement en mieux. Je m’en vais lire Eater of worlds de ce pas. Merci pour ton travail de défrichage 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Je ne l’ai pas encore lu!!
    Mais tu me mets l’eau à la bouche!
    Merci!

    Aimé par 1 personne

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