
Nous voilà rendus, entre canicules meurtrières et incendies dévastateurs, à la fin du mois de Juillet et, pendant que nos éditeurs favoris prennent un repos bien mérité, le temps est venu de réfléchir à ce qu’on va lire à la rentrée. Voici mes premiers repérages, réalisés au gré des annonces des uns et des autres. À cette date, nous manquons encore de visibilité sur les futures parutions. N’hésitez donc pas à revenir ici de temps à autres, cette sélection sera mise à jour au cours des semaines et mois à venir.
Août
- Les Expiateurs – Tade Thompson

C’est la collection Une Heure-Lumière chez Le Bélial’ qui ouvre la bal de la rentrée avec une novella de Tade Thompson, Les Expiateurs (The Apologists, 2025), qui s’annonce comme un polar horrifique.
Londres, de nos jours. Dans un quartier paisible de la métropole britannique, une mère et sa fille sont assassinées à coups de barre de fer… Eve Stevens est mise sur l’affaire. Alors que tous les indices guident l’enquêtrice sur la piste du crime passionnel, l’autopsie révèle la présence d’une substance étrange sur les habits des victimes. Cette même substance retrouvée sur une centaine d’autres corps fracassés… Les dossiers s’empilent, les visages se mélangent. Les défuntes possèdent des traits étrangement similaires, et les meurtres suivent toujours le même mode opératoire : une mère et sa fille, systématiquement, dans leur appartement, sans le moindre signe d’effraction. Bientôt, les indices convergent vers un homme inconnu du système, un homme qui vivrait… emmuré chez lui. Commence alors pour Eve une traque aussi impossible qu’essentielle où vérité et réalité se fracassent…
20 août, Le Bélial’, coll. Une Heure-Lumière. Traduction Jean-Daniel Brèque. 160 pages. 12,90€
Septembre
- Une larme de poison – Robert Jackson Bennet

Primé par le prix Hugo 2025 et le World Fantasy Award 2025 dans la catégorie meilleur roman, Une larme de poison (The Tainted Cup, 2024) est le premier tome du nouveau cycle de Robert Jackson Bennet, À l’ombre de Léviathan (Shadow of the Leviathan), en cours de parution aux US. Autant dire qu’on signe là pour quelques années de lecture.
À chaque saison des pluies, année après année, les léviathans attaquent la ligne de fortifications de l’Empire et leur sang répandu empoisonne les chairs et les esprits.
Alors que la menace se rapproche, un meurtre est commis dans le plus grand manoir de Daretana : un arbre a jailli du corps d’un haut fonctionnaire et l’a déchiqueté. Même ici, aux marches de l’Empire, une telle contamination semble impossible. C’est à Ana Dolabra, une enquêtrice aussi excentrique que géniale, qu’incombe la tâche de résoudre ce mystère. La rumeur veut qu’elle porte en permanence un bandeau sur les yeux et qu’elle soit capable d’élucider n’importe quel crime… sans jamais sortir de chez elle.
Évidemment, quelqu’un doit aller sur le terrain pour recueillir des indices : Dinios Kol, un assistant, qui a accepté que son corps et ses capacités mentales soient altérés magiquement.
Ana le sait depuis longtemps, et Dinios va le découvrir en enquêtant pour elle : il y a quelque chose de pourri, si ce n’est à la tête de l’Empire, en tout cas dans les plus hautes sphères du pouvoir.
2 septembre, Albin Michel Imaginaire. Traduction de Laurent Philibert-Caillat. 504 pages. 24,90 €
- Je ne suis pas venu apporter la paix – Nicolas Martin

Après un premier roman de science-fiction, Fragile/s, Nicolas Martin publie son deuxième roman chez Au Diable Vauvert. L’auteur nous embarque cette fois-ci dans une ferme isolée des Pyrénées pour un drame horrifique familial, produit dérangé d’une rencontre fortuite entre Thomas Vinterberg et Stephen King.
Dans une ferme pyrénéenne coupée du monde, une fratrie recomposée se réunit autour d’un patriarche agonisant, une matriarche glaciale et leur inquiétante servante. Chacun y revient avec ses secrets, ses fantômes. Pris au piège d’un orage diluvien, ils voient leurs masques se fissurer sous le poids des non-dits. La violence couve, prête à exploser.
Entre tragédie antique et huis clos horrifique, Je ne suis pas venu apporter la paix allie la tension d’un thriller psychologique à la noirceur d’un implacable drame familial.
3 septembre, Au diable vauvert. 464 pages. 23 €
- Un rêve dans un rêve – Ken Liu

Le retour du maître Ken Liu à la science-fiction avec le premier tome, là aussi, d’une nouvelle série : Un rêve dans un rêve (All That We See or Seem, 2025).
Les États-Unis étaient un pays corrompu et pécheur. Les puissants avaient écrit les règles en leur faveur et créé pour nous une vaste prison panoptique. Sitôt qu’un faible — peu importait la peau, la langue, l’origine — était sur le point de s’élever au-dessus de sa condition, on le rejetait dans la fosse. Merde, les puissants aimaient diviser les faibles, afin qu’ils se comportent en panier de crabes, à se surveiller, se discréditer, se rabaisser les uns les autres. La seule solution : refuser de jouer le jeu. Voler aux puissants, boulotter les riches, enfreindre leurs lois…
3 septembre, Le Bélial’. Traduction de Pierre-Paul Durastanti. 384 pages. 23,90 €.
- La circonférence du monde – Lavie Tidhar

La publication en français de ce roman de Lavie Tidhar chez Mnemos est un drôle de pari. Je l’avais lu en anglais lors de sa parution originale (voir ma recension), et je l’avais beaucoup apprécié mais ‘est un roman niche qui s’adresse à un lectorat à mon avis réduit. Un lectorat d’afficionados qui s’intéresse à l’histoire et aux personnages de l’âge d’or de la SF américaine. Mais pourquoi pas.
16 septembre, Mnémos. Traduction de ?. 224 pages. 20 €
- Au-delà du ciel – Chloé Chevalier

Après Les Essaims, novella publié dans la collection Le Labo d’Ailleurs et demain pour laquelle elle avait obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire 2025, Chloé Chevalier revient chez Robert Laffont avec un nouveau roman de science-fiction.
Selmig et Lalatiana se sont perdus de vue après leur formation de spationautes.
L’une enchaîne les missions prestigieuses et médiatisées ; l’autre a tourné le dos à l’exploration spatiale pour s’engager contre la construction d’une base de lancement dans son archipel natal.
Quand Selmig rapporte d’Espérance, la planète voisine, une insaisissable matière pourpre aux propriétés étranges, leur vie à tous les deux bascule et, dans son sillage, le destin de leur civilisation.
17 septembre, Robert Laffont, coll. Ailleurs et demain. 384 pages. 21,90 €
Octobre
- Seul/e – Nicolas Martin
Novella composée de deux nouvelles situées dans l’univers de son premier roman, Fragile/s.
8 octobre, Au diable Vauvert. 21 €
- Jours de gloire – Alastair Reynolds
Votre auteur de space opera britannique préféré, Alastair Reynolds, revient chez le Bélial’ à la rentrée avec Jours de gloire, Traduction française du polar spatial Halcyon Years.
À bord du Halcyon, tout le monde a un secret. Certains sont prêts à tuer pour le garder.
Yuri Gagarine n’est qu’un détective privé de seconde zone. Maris volages, petites arnaques, embrouilles de quartier — voilà d’ordinaire son quotidien, entre deux avertissements de la police locale.
Mais à bord du Halcyon, ce vaisseau géant qui file à travers les étoiles avec des milliers d’âmes éveillées et des milliers d’autres plongées dans le sommeil du long voyage, une affaire va tout changer.
Une femme mystérieuse, Ruby Red, l’engage pour élucider une mort suspecte au sein de l’une des familles les plus puissantes du vaisseau. Puis une autre, Ruby Blue, tout aussi énigmatique, le supplie d’abandonner — avant qu’il ne soit trop tard.
Pris en étau entre les deux, Yuri comprend vite qu’il n’enquête plus sur un meurtre : il pourrait bien en devenir la prochaine victime.
Un thriller noir haletant, où l’ombre des ruelles rencontre le vide interstellaire. Une enquête qui vous tiendra en apesanteur jusqu’à la dernière ligne.
15 octobre, Le Bélial’. Traduction Pierre-Paul Durastanti. 420 pages. 24,90 €
Novembre
- Alien Clay – Adrian Tchaikovsky
Fort occupé à sauvegarder le patrimoine national en rééditant les œuvres de Jean-Philippe Jaworski abandonné en plein vol par l’implosion des éditions Les Moutons électriques, Denoël trouve quand même le temps d’annoncer la publication en novembre de la traduction de l‘excellent Alien Clay d’Adrian Tchaikovsky. Youpi, dis-je.
4 novembre, Denoël, coll. Lunes d’Encre. 23 €.
- Sagesse des prisons – Lucius Shepard
Fort occupé à sauvegarder le patrimoine mondial en rééditant tout un tas d’œuvres essentielles dans la nouvelle collection Archives du futur, le Bélial’ trouve quand même le temps d’annoncer le retour de Lucius Shepard dans la collection Une Heure-Lumière. Youpi, dis-je.
12 novembre, Le Bélial’, coll. Une Heure-Lumière. Traduction Jean-Daniel Brèque. 160 pages. 11,90 €
À noter parmi les rééditions :
- Créateur d’étoiles d’Olaf Stapledon dans la collection Archives du futur (septembre).
- Les Maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett en intégrale chez Albin Michel Imaginaire (septembre).
- La Montagne dans la mer de Ray Nayler au livre de poche (septembre).
- L’affaire Crystal Singer d’Ethan Chatagnier au livre de poche (septembre).
Oh chloé chevalier et Ken Kiu, je me note !
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Merci pour cet article qui permet d’avoir une bonne idée de la SF de cette fin d’année 🙂 ! La novella de Tade Thompson et le roman de Lavie Tidhar me font de l’œil.
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