Le sauveur – Nancy Kress

dansesDans cette série des textes courts mis à l’honneur cette semaine sur l’épaule d’Orion, il me fallait évidemment une hard-SF. C’est une maison sérieuse ici ! C’est donc un texte un peu plus long que les autres que je vous propose aujourd’hui, non pas une nouvelle mais une novella d’une soixantaine de pages. Il s’agit de Le sauveur de Nancy Kress. Je l’ai lu en anglais, sous son titre original The savior tel qu’il a été publié dans la revue Asimov’s en 2000. Si vous lisez le shakespearien in the text sachez que vous pouvez le trouver dans un mini recueil de 120 pages contenant deux nouvelles, dont The savior, vendu sous le titre AI unbound: Two stories of Artificial Intelligence. Mais vous pouvez aussi la lire dans la traduction en molièrien du grand, du beau et du très chic Pierre-Paul Durastanti (j’assure mes arrières) dans le recueil Danses aériennes publié chez Le Bélial’ en 2018.

Octobre 2007. Le monde entier retient son souffle. Un objet volant non identifié mais sûrement pas naturel est entré dans le système solaire et se dirige vers la Terre, ou plus précisément vers un champ du côté de Saint-Paul, Minnesota. Premier contact ! Les scientifiques sont là, l’armée est là, les journalistes sont là, quand l’objet, un gros oeuf métallique brilliant, se pose. Quand tout à coup… rien. La zone est mise en quarantaine, l’objet est étudié sous toutes les coutures et rien ne sort. Silence radio, il est impénétrable. Passé les premiers émois pendant lesquels quelques uluberlus se jettent des ponts et d’autres au pied des croix, toujours rien ne se passe. Cela va durer ainsi jusqu’en 2295. Entre temps, des sociétés s’écroulent et se relèvent. L’oeuf tombé du ciel est oublié, retrouvé, adoré, négligé, à nouveau oublié, ainsi de suite.

L’humanité, elle, poursuit ses cycles d’autodestruction, faits de guerres et d’alliances, de déconstruction puis de reconstruction.  Nancy Kress montre une évolution possible de l’humanité sur un peu plus de 250 ans. Elle n’est pas rose. Il y a d’abord l’Effondrement initié par les perturbateurs endocriniens qui stérilisent en masse, puis le génie génétique qui sauve un temps la mise. Les humains s’augmentent et se diminuent. Les générations passent et se ressemblent. Les nanotechnologies font leur apparition, puis menacent de bouffer la planète. L’ordinateur quantique, enfin ! A chaque faillite humaine, les sciences et la technologie la sauvent, lui promettent monts et merveilles puis l’anéantissent. Jusqu’au jour où le grand pas sera franchi. L’oeuf de l’espace s’éveillera, mais pas pour l’humanité.

Nancy Kress est une autrice dont la renommée outre atlantique – elle a collecté les prix Hugo, Nebula Locus, par brouettes entières – n’a d’égale que le peu de reconnaissance qu’elle a en France. Les biotechnologies sont partout présentes dans ses oeuvres. C’est sa marotte. Avec Le sauveur, Nancy Kress rend un verdict amer sur les capacités de l’Homme à s’élever au-dessus de sa condition d’animal savant et destructeur. Les avancées scientifiques et techniques sont très realistes, quels que soient les domaines évoqués (on sent l’autrice un peu plus fébrile en physique tout de même)  et le texte est indéniablement de la hard-SF de qualité. J’avoue avoir un avis assez mitigé sur les différents textes que j’ai lus de l’autrice, mais en ce qui concerne Le Sauveur, je recommande sans réserve.


D’autres avis sur cette novella : Anudar,


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Catégories :#projetMaki, Nouvelles

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7 réponses

  1. Très jolie semaine avec une belle diversité de textes.
    Je n’ai pas un excellent souvenir de cette novella, je suis resté sur ma faim. il me manquait quelque chose.

    Et j’ajouterai que la novella qu’il faut lire de Nancy Kress reste à mes yeux : L’une rêve, l’autre pas

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai été bluffée par cette nouvelle. Encore une fois, sans doute as-tu lu ma chronique future à son sujet…

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  3. Totalement convaincue! Ce récit a l’air tellement riche! Le format court est décidément plein de trésors, et Nancy Cress mérite une plus grande renommée en Europe.

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Rétroliens

  1. Ceux qui partent d’Omelas – Ursula K. Le Guin – L'épaule d'Orion – blog de SF

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