The Kite Maker – Brenda Peynado

kitemaker_fullTor.com publie aujourd’hui une nouvelle de science-fiction de l’auteure americano-dominicaine Brenda Peynado, que je ne connaissais pas et que je découvre à cette occasion. La nouvelle, the Kite Maker, tient de la métaphore, et relève de cette SF qui utilise la transposition vers le conte pour écrire une critique sociale contemporaine. C’est une approche à propos de laquelle je suis parfois critique, puisque le côté SF peut n’être alors qu’une excuse. Toutefois, j’ai trouvé le texte proposé par Brenda Peynado beau et puissant, même s’il n’est pas complètement original et rappelle fortement le film District 9 de Neill Blomkamp (2009).

Quinze années se sont écoulées depuis que des arches extraterrestres se sont écrasées sur la Terre. Les créatures qui en sont sorties ont été appelées Dragonflies (Libellules) par les humains en raison de leur ressemble morphologique avec les insectes. Les humains ont paniqué et ont massacré ces créatures fragiles qui ont refusé de se défendre, en leur brisant les membres. Ce n’est que plus tard, une fois la folie meurtrière passée, qu’ils ont appris que les Dragonflies fuyaient leur monde destiné à l’extinction en raison de la transformation de leur étoile en géante rouge. De nos jours, les Dragonflies reçoivent le traitement réservé aux perdants : ils sont parqués dans des camps, employés aux seuls travaux que leur nature délicate permet, des travaux de précision réservés aux faibles, qu’ils réalisent pour des salaires de misère, évidemment.  En face, les enfants humains recréent sans cesse dans leurs jeux cette guerre dans laquelle les Dragonflies tombent inexorablement, jouent avec les technologies pillées à bord des vaisseaux arches. Les adolescents se font tatouer sur les bras des symboles extraterrestres qu’ils ne comprennent pas, s’appropriant en conquérants la culture défunte que leurs parents ont détruite. Des bandes de jeunes skinheads parcourent les rues des villes en attaquant les commerces qui feraient affaire avec ces étrangers aux cris de « Bugs are Bugs ».

Cette histoire est racontée par la narratrice, qui a participé au massacre, et qui aujourd’hui tient un magasin de cerfs-volants faits à la main. Il y a bien longtemps que les enfants humains ne jouent plus avec des cerfs-volants. Ses seuls clients sont les Dragonflies qui, privés de l’agilité de leurs ailes sur cette Terre à la gravité trop forte et à l’atmosphère trop lourde, retrouvent la joie du vol en manipulant ces objets faits de tissus et de bois. C’est l’histoire d’une douloureuse et presque futile tentative de rédemption. C’est aussi l’histoire du traitement que nous réservons à tous les peuples « conquis » qui vivent aujourd’hui dans le mépris des gagnants.

Je ne peux que recommander la lecture ce texte fort et tristement humain disponible en lecture gratuite sur le site Tor.com, sachant que c’est en anglais bien sûr.



Catégories :Nouvelles

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3 réponses

  1. Suis pas du tout dans un trip « SF allégorique du monde réel et présent » en ce moment, mais le jour où la lumière verte s’allumera là haut, dans ma caboche, je saurais quoi lire dans ce registre et dans la forme courte grâce à toi. Merci pour ta critique 😉

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  2. J’irai faire un tour sur Tor….

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