The Lady Astronaut of Mars – Mary Robinette Kowal

LadyAstronaut_fullThe Lady Astronaut of Mars est un texte de l’auteure américaine Mary Robinette Kowal qui a remporté le prix Hugo 2014 de la meilleure nouvelle longue. Initialement publiée en 2013 sur Tor.com, la nouvelle est republiée sur le site de l’éditeur à l’occasion de la sortie début Juillet des romans The Calculating Stars (Lady Astronaut volume 1) et The Fated Sky (Lady Astronaut volume 2) fin Août. C’est assez inhabituel dans les séries, mais les deux romans se déroulent avant la nouvelle. Je n’ai pas encore lu The Calculating Stars, mais je vais le faire sous peu car j’ai beaucoup aimé la nouvelle The Lady Astronaut of Mars.

Une froide nuit de printemps 1952, une météorite tombe sur Terre, détruisant une bonne partie de la côte Est américaine, dont Washington DC. Les débris projetés dans l’atmosphère terrestre vont obscurcir durablement le ciel. La catastrophe écologique qui s’en suit va pousser les gouvernements du monde à travailler ensemble pour accélérer radicalement l’aventure spatiale humaine, avec l’idée de pouvoir fuir la planète mère si besoin. Vous l’aurez compris, c’est une uchronie spatiale que Mary Robinette Kowal propose à ses lecteurs.

Children on Earth still look at clouds of dust and stars are just a myth.

Dans the Lady Astronaut of Mars, l’humanité a conquis Mars. Cela ne s’est pas fait sans mal, et l’aventure a été parsemée d’accidents, comme la chute d’Orion 27. L’astronaute Elma York a dirigé la première expédition qui s’est posée sur la planète 30 ans auparavant. Elma a désormais soixante-trois ans, elle vit sur Mars avec son mari, et elle est une héroïne pour l’humanité. Mais elle se souvient toujours du ciel étoilé d’avant la chute de la météorite, de ce ciel qu’on ne peut voir sous le dôme qui protège la colonie humaine sur Mars. Et elle rêve d’étoiles, d’espace, sachant toutefois qu’elle ne revolera jamais. Nathaniel, son mari, est un ancien programmeur des missions spatiales. Aujourd’hui il est gravement malade et il ne lui reste, au plus, qu’une année à vivre.

Depuis 30 ans, les choses ont évidemment beaucoup évolué. Une colonie permanente est établie sur Mars, des enfants y naissent, la vie s’y déroule presque comme sur Terre. L’évolution des technologies est toutefois très différente de celle que nous connaissons. Alors que les ordinateurs sont encore programmés sur des cartes perforées et utilisent des bandes magnétiques, les vaisseaux sont de plus en plus rapides et autorisent une exploration spatiale poussée à de très grandes vitesses, en-deçà de la vitesse de la lumière. Les voyages restent dangereux, notamment en raison de l’exposition aux radiations qui, si elle est prolongée, condamne les astronautes sur le long terme. Une nouvelle technologie vient d’apparaître toutefois, celle des champs tesseract, sorte de portails qui permettraient de faire des sauts dans l’espace et de raccourcir drastiquement le temps de voyage.

La NASA a découvert une planète extra-solaire, LS-579. Celle-ci pourrait être habitable. Sheldon Spender (j’y vois un hommage à Nigel Sheldon de Peter F. Hamilton), chef des opérations spatiales au Bradbury Space Center de Mars (j’y vois un hommage à… enfin, je crois que vous voyez), va contacter Elma après des années de silence pour lui proposer une ultime mission, sa dernière chance de revoir les étoiles. Elma devra choisir entre rester auprès de son mari mourant et repartir dans l’espace.

Mary_Robinette_Kowal (1)

Mary Robinette Kowal

J’ai trouvé cette nouvelle très sympathique. D’une part pour le côté uchronie spatiale tout à fait réjouissant, à la fois crédible comme de la hard-SF et décalé pour l’évolution technologique  favorisant certaines voies au dépend d’autres. Après le steampunk et le dieselpunk, voici le punchcard punk. Cela pourrait paraître tout à fait artificiel, mais en l’occurrence je trouve que cela fonctionne bien en tant qu’élément de worldbuilding,comme un rappel constant au fait que nous sommes dans un paradigme différent. Loin des stations spatiales aux couleurs aseptisées que le cinéma nous impose trop souvent, la colonie martienne a des saveurs d’Amérique des années cinquante, à la façon de l’Étoffe des héros de Kauffman.  Il y a dans la nouvelle une scène dans un bar qui rappelle l’ambiance du film. D’autre part, les personnages sont assez finement développés pour un texte aussi court. Le personnage majeur est évidemment Elma, ses motivations comme ses choix de vie radicaux sont explorés en peu de lignes. Elma est aussi le personnage principal des deux romans préquels qui racontent le développement du programme qui a abouti à la colonisation de Mars. C’est clairement un univers que je vais continuer à explorer. Critiques à venir sur ce blog, donc. La lecture de cette nouvelle constitue en tout cas une très bonne entrée en matière.

Vous pouvez lire la nouvelle gratuitement sur le site de l’éditeur tor.com

Voir aussi l’avis enthousiaste d’Apophis.



Catégories :Nouvelles

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14 réponses

  1. Je connais Mary Robinette Kowal par le biais de Writing Excuses, podcast lié à l’écriture très connu et animé depuis des années par Brandon Sanderson, Howard Taylor et Dan Wells. On sent sa maîtrise du moins théorique sur le sujet et sa sensibilité. Tant mieux si elle se révèle solide en tant qu’autrice.

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  2. Intéressant. Gratuit et relevant de l’Atompunk, sous-genre pas encore chroniqué sur le Culte, que demande le peuple ? (champ Tesseract, ça en impose !).
    J’avais vu passer d’un œil distrait les annonces de sortie des romans, mais je n’y avais pas prêté plus d’attention que ça. Tu m’as largement convaincu de l’intérêt de la chose. J’attends tes critiques avec impatience !

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  3. Faut que je me penche sur ce que publie tor.com, y’a plein de petites choses sympa… Alors en plus quand c’est gratos… XD

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  4. Donc si je comprends bien, l’auteur a écrit deux romans en guise de prequels à une nouvelle ? On est légèrement au-delà de « développer un peu plus l’univers ». =O

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  5. je ne connais pas l’auteur, ni la card-punched punk!!! LOL
    ta présentation est trés séduisante, et les cartes perforées doivent apporter un décalage assez cocasse. Je crois que je vais me laisser tenter par cette uchronie spatiale plutôt réussie.Merci! 🙂

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  6. Fini, critiqué, beaucoup aimé. Je vais devoir pousser les murs du programme pour critiquer au moins un des deux romans dans un délai raisonnable, mais là il le faut, c’est indispensable. Un grand merci à toi pour cette belle découverte !

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Rétroliens

  1. The lady astronaut of Mars – Mary Robinette Kowal | Le culte d'Apophis
  2. The Lady Astronaut of Mars -Mary Robinette Kowal – Albédo

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