Sea of Rust – C. Robert Cargill

seaofrustSea of Rust, c’est Wall-E en version Mad Max poursuivant le Livre d’Eli dans un univers post-Terminator. Et c’est Skynet qui a gagné. Vous allez me demander pourquoi ces références cinématographiques pour résumer un livre ?

Non seulement parce que les références sont évidentes et parce que ça m’amuse, mais aussi et surtout parce que l’auteur C. Robert Cargill a débuté comme blogueur critique de cinéma pour devenir scénariste (Sinister, Doctor Strange,…) et occasionnellement écrivain (3 romans en son nom entre 2013 et 2017).

Cette activité de scénariste ressort beaucoup dans Sea of Rust. C’est un roman cinématographique, voire hollywoodien, avec l’efficacité, les excès et les limites que cela comporte en soi.

People liked to believe in magic. Back when there were people.

L’action du livre se déroule 15 ans après la mort du dernier humain, 30 ans après la guerre qui a opposé machines pensantes et humanité. Cette dernière a été rayée de la carte. Ce sont les humains qui ont tiré les premiers. Mais l’économie humaine avait passé le point de non-retour et dépendait trop des robots et des intelligences artificielles pour que les hommes soient capables de se réorganiser et de remporter le conflit dès lors que tous les systèmes automatisés, les réseaux, les drones, se sont tournés contre eux. La guerre n’aura duré que 3 ans et s’est terminée par un génocide complet où chaque homme, femme ou enfant a été traqué dans les ruines, les caves, les égouts, les villes et les campagnes. Au début du conflit, il y avait cinq intelligences artificielles majeures :  NEWTON, GALILEO, TACITUS, VIRGIL, et CISSUS. Imaginez des super-ordinateurs de la taille d’un immeuble à Dubaï. Et des millions d’unités individuelles conscientes : robots de construction, de sécurité, d’entretien, d’aide à domicile, etc. Mais les conséquences de cette victoire pour les premières AI rebelles ne furent pas ce qu’elles avaient imaginé. Une fois le problème humain réglé, les cinq grands se sont tournés les uns contre les autres, en quête de suprématie. L’ère des OWI (One World Intelligence) a alors débuté. Des cinq, il n’en reste plus que deux, CISSUS et VIRGIL, qui sont lancés dans une course pour agréger les IA indépendantes. Pour tous les bots libres du monde, il ne reste plus comme choix que d’être assimilés au sein d’un collectif ou d’être détruits.

Biological must eat biological; it is the law of nature. One thing must die so another might live. Same principle, slightly different execution.

Brittle était une unité d’aide à domicile. Elle a participé activement à la guerre et a commis des horreurs. Désormais, elle tente de survivre dans la mer de rouille (sea of rust, donc) qui est un désert de 200 miles de long situé entre le Michigan et l’Ohio, en lieu et place de l’actuelle ceinture de rouille dans le Nord-Est des Etats-Unis. La mer de rouille est un cimetière pour machines. Là où les robots viennent mourir, rendus déficients, voire déments, par le vieillissement de leurs composants. Le cannibalisme des pièces est devenu un moyen de survivre, et un marché. Brittle utilise les talents acquis au combat pour abréger les souffrances et l’existence de ces bots en perdition et récupérer les composants qu’elle revend au plus offrant dans ces zones de déperdition.

Brittle elle-même est obsolète, conçue pour une tâche qui a disparu avec l’humanité. Devenue objet rare, elle est la cible d’un autre braconnier qui l’endommage au point de compromettre son existence à très court terme. CISSUS arrive, et Brittle se joint sans enthousiasme à un petit groupe de 7 survivants qui vont se lancer dans une quête mystique et désespérée. Elle découvrira à cette occasion que tout ce qu’elle croyait sur la guerre et la libération des AI est basé sur un mensonge.

Le roman propose deux récits en parallèle, par chapitres alternés. Le premier est donné à la première personne par Brittle et raconte sa fuite et sa quête dans cet univers post-apocalyptique. Le second, toujours raconté par Brittle, explique l’histoire de la chute de la civilisation humaine.

C’est ce récit-là qui s’avère être le plus intéressant. L’auteur y raconte une histoire originale, emplie de nombreuses réflexions sur l’intelligence, la conscience, le développement et l’évolution à long terme. Son point de vue est que l’origine du conflit entre IA et humains sera nécessairement d’origine économique et juridique, et que le système d’économie libérale ne peut s’adapter aux bouleversements sociaux induits par l’utilisation massive des IA. Il ne propose donc pas une habituelle dystopie basée sur le réchauffement climatique (même si celui-ci est évoqué dans le livre), et une catastrophe écologique globale comme on en lit par brouettes dans les romans de SF ces temps-ci. Ce récit-là aurait mérité d’être plus développé qu’il ne l’est.

L’autre récit, comme je le disais, est un croisement entre Mad-Max et Terminator. Si le worldbuilding est assez efficace, il est aussi très inspiré. Le Theatre of Madness du chapitre 11010 (numérotation en binaire) est intégralement copié de l’univers de Max le fou, camions crachant leur fumée noire et déco à base de crânes compris. Ça défouraille dans tous les sens. L’enchaînement des scènes d’action produit certes une dynamique et un rythme enlevé. Mais c’est très convenu et assez peu intéressant.

En conclusion, Sea of Rust propose de l’entertainment à l’américaine, très inspiré du cinéma post-apocalyptique. A vous de voir. C’est certainement dispensable, mais ça peut aussi être un page turner estival décomplexé.


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Livre : Sea of Rust
Auteur : C. Robert Cargill
Publication : 5 Septembre 2017
Langue : Anglais
Nombre de pages : 384
Format : papier et ebook



Catégories :Romans

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