Crépuscule d’acier (L’Eschaton 1/2) – Charles Stross **

crépuscculeCe livre a l’air de faire l’unanimité contre lui. Alors, je vais en donner un avis différent. Charles Stross est l’un des représentants un peu barré de la nouvelle génération des auteurs de Hard SF. Un de ses sujets fétiches est la singularité technologique de Vernor Vinge : ce point du développement technologique au delà duquel le cerveau humain ne pourra plus l’appréhender et qui constituera un point de non retour mettant fin à l’ère humaine telle qu’on la connait. Le monde décrit dans Crépuscule d’Acier est un monde post-singularité.

Quelque part vers la fin du XXI siècle, la technologie atteint le point de singularité, là où l’intelligence artificielle dépasse l’intelligence humaine. 90% de l’humanité disparaît mystérieusement du jour au lendemain et quelqu’un ou quelque chose laisse un message :

« Je suis l’Escaton; Je ne suis pas votre dieu.
Je descends de vous, et j’existe dans votre futur.
Vous ne violerez pas la causalité dans mon cône de lumière historique. Sinon… »

Nous sommes 150 ans plus tard, au milieu du XXIIIème siècle. Les Terriens se sont remis de la crise et la partie manquante de l’humanité a été retrouvé : elle a été dispersée dans quelques milliers de colonies repartie une zone de 6000 années lumières dans la galaxie. L’humanité a aussi eu l’occasion d’apprendre ce que l’Escathon voulait dire par « Sinon… » Toute société qui a tenté d’utiliser une technologie permettant de jouer avec le temps et de violer la causalité a subit un événement radical de type explosion de supernova dans son voisinage direct. Mais tout le monde n’a pas bien compris le message, alors L’ONU déploie dans la galaxie des agents qui surveillent de près ceux qui seraient tentés d’utiliser une telle technologie à des fins militaires.
La Nouvelle République est une société humaine recluse dans son coin de galaxie, et livrée à un système politique à force tendance totalitaire. Elle a refusé toute technologie avancée et ses habitants vivent plus ou moins au niveau technologique du XIXème siècle. Mais un beau jour, elle voit arriver à la porte d’une de ses planètes le Festival, une société post-singularité hautement avancée. A travers une histoire d’espionnage industrialo-militaire, Charles Stross évoque le devenir d’une société humaine lorsque qu’elle est confrontée à une singularité : l’apport soudain d’une technologie qu’elle ne comprend pas. le régime militaro-politique en place va être tenté de violer la causalité pour se débarrasser du problème. C’est là que vont intervenir Rachel Mansour, agente de l’ONU, et Martin Springfield, oeuvrant secrètement pour l’Eschaton.

Il s’agit du premier roman de Charles Stross, et pour lequel il a reçu le prestigieux prix Hugo en 2004. Il est suivi d’Aube d’acier qui se situe dans le même univers. Les deux romans constituent le mini-série dite de L’Eschaton. Il n’y en aura pas d’autres. Si l’idée de départ apparaît extrêmement prometteuse, et aurait pu permettre à Stross de développer une large saga space opera à la façon d’Iain Banks, Stross considère qu’il a commis dès le départ des erreurs fondamentales dans les explications de cet univers qu’il estime ne pouvoir être corrigées. Il a donc annoncé qu’il n’écrirait plus sur l’Eschaton.

S’il y a quelque chose de frustrant à lire une histoire dont l’auteur estime qu’elle est trop bancale pour être poursuivie, et si ce n’est à mon avis pas son meilleur roman, Crépuscule d’Acier est toutefois pour moi un bon roman de science fiction, amusant et empli d’action, mais qui pourra rebuter certains lecteurs de par l’utilisation d’un vocabulaire ultra-technique (c’est là une des caractéristiques de la Hard SF). Ce premier roman regorge d’une foultitude d’excellentes idées et de thématiques, pas toujours complètement exploitées, et des personnages principaux bien campés auxquels on s’attache rapidement. Charles Stross écrit avec beaucoup d’humour et fait sans cesse des clins d’oeil à la SF traditionnelle. Mais son style est particulier et parfois un peu foutraque. Personnellement j’aime beaucoup, et Stross est un de mes auteurs de SF favoris. Toutefois, dans Crépuscule d’Acier, la trame de l’histoire se perd un peu car Stross a beaucoup trop d’imagination pour la contenir. En d’autres termes, ce roman part un peu dans tous les sens et à du mal a resté focalisé. Stross ne fera pas la même erreur dans la suite, Aube d’Acier, mais il en fera d’autres qui condamneront à ses yeux la série.


Livre : Crépuscule d’acier (Singularity sky)
Série : Eschaton (1/2)
Auteur : Charles Stross
Publication : 2006 (VO 2004)
Langue : Français
Nombre de pages : 544
Format : papier et ebook



Catégories :Hard-SF, Space Opera

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :