Thirteen Ways of Looking at Space/Time – Catherynne M. Valente

valenteCatherynne M. Valente est une poétesse, romancière et critique littéraire américaine qui a été cette année finaliste du prix Locus pour son roman boule à facettes Space Opera. Si elle n’a pas été lauréate pour cette édition, puisque c’est le roman The Calculating Stars de Mary Robinette Kowal qui l’a emporté, elle a déjà reçu ce prix cinq fois pour des romans courts et deux romans Young Adult. Elle a publié trois séries (The Orphan’s Tales, Dirge for Prester John, Fairyland), dont une en littérature jeunesse (Fairyland), ainsi que douze romans indépendants et six recueils de nouvelles, en fantasy et en science-fiction. Son roman Palimpsest a par ailleurs été nommé pour le Hugo en 2010.

De Valente, je n’ai lu que quelques nouvelles publiées dans la revue Clarkesworld et la nouvelle « Palimpsest » qui préfigure le roman du même nom. Catherynne M. Valente  écrit bien. Très bien. Trop bien. Son style est marqué par la richesse du vocabulaire employé, une luxuriance d’adjectifs et d’adverbes, une opulence descriptive, et une certaine verbosité qui parfois frise la logorrhée. Ces qualités et défauts, nous les trouvons de façon exemplaire dans la nouvelle « Thirteen Ways of Looking at Space/Time » publiée dans le numéro 47 d’Août 2010 de Clarkesworld . Elle est disponible en ligne ici.

« In the beginning was the Word and the Word was with God and the Word was a high-density pre-baryogenesis singularity. « 

C’est sur cette phrase que s’ouvre la nouvelle. Le texte est divisé en treize chapitres courts. Le premier chapitre, surprenant, ludique et jouissif, est une réécriture de la Genèse biblique à grand renfort de mécanique quantique et de cosmologie moderne. Les douze chapitres suivants vont alterner réécriture des mythes de la création issus du shintoïsme japonais, des traditions apaches,  aztèques, grecques, des peuples indigènes du nord-ouest pacifique, et nordiques, avec le récit personnel de l’auteure de science-fiction avant qu’elle ne devienne auteure de science-fiction. Catherynne M. Valente y construit une genèse personnelle en utilisant des incidents de l’enfance, une fausse couche, un divorce, comme éléments fondateurs de l’appel vers la littérature de l’imaginaire. La nouvelle aurait pu, aurait dû, être brillante, mais voilà. La réécriture des mythes créateurs devient rapidement répétitive.  L’exubérante exposition de termes scientifiques conduit à une accumulation indigeste et on se demande s’il sont compris par l’auteure ou simplement éparpillés là pour l’esthétique baroque de la composition. En parallèle, le récit personnel parait banal et peine à convaincre. Je vois mal le lien direct entre se prendre une porte en verre dans la gueule à 5 ans et devenir écrivain de science-fiction. « Mais si voyons, c’est le vide en elle créé qui… Ah oui, d’accord ». Mes propos sont certes fort peu aimables, mais ils sont à la hauteur de ma déception quant à ce texte qui partait sur des bases pourtant prometteuses. Très enthousiaste au début de ma lecture, j’ai terminé le texte en hypoxie sous le style. Il y a pourtant une certaine poésie à ce texte, qui retient, voire charme, mais que c’est lourd.

Unanimement les critiques des textes de  Catherynne M. Valente soulignent l’excellence de sa plume. Je dois être mauvais lecteur. J’ignore si les nouvelles de l’auteure sont représentatives de l’ensemble de son œuvre, mais ma curiosité à la découvrir en format long est tempérée par ma capacité pulmonaire. Je tenterai peut-être Palimpsest un jour, puisque ce titre fut sélectionné pour le prix Hugo. D’ici là, je vais pratiquer l’apnée.

 



Catégories :Nouvelles

Tags:

6 réponses

  1. Vu que Gilles en disait du bien, j’ai acheté In the night garden, le premier volume du diptyque The Orphan’s Tales. Ce sera ma prochaine lecture, mais j’ai déjà jeté un coup d’œil. Je ne sais encore ce que vaut le style, mais le sommaire montre un entrecroisement incessant des histoires type Shéhérazade qui sont au centre de l’intrigue, et qui sont découpées en plusieurs parties chacune. Cela m’a donné une impression de chaos et de lourdeur peu engageante. Verdict dans une semaine (si je le finis) ou quand j’annoncerais son remplaçant sur les réseaux sociaux (si je m’en sers comme support pour y fixer une photo de Gilles pour mon entraînement au lancer de shurikens empoisonnés).

    Aimé par 1 personne

    • Tu m’aurais demandé, je t’aurais dit « tu vas probablement l’aimer autant que le Franck Ferric »…

      Aimé par 1 personne

      • Tu crois au vaudou Gilles ? Sinon, ne t’inquiète pas trop si tu ressens des douleurs intercostales dans quelques jours. Ça passera.

        Aimé par 2 personnes

        • Ah, toi tu as trouvé une de mes cartes de visite dans ta boites aux lettres : « Maître Apophis, grand voyant / médium / guérisseur / exorciste / sourcier / archimage (7e Dan) diplômé de la faculté de Santeria de Miami, de la Vaudou University de Kingston et d’un Master en thaumaturgie appliquée de Poudlard, te confère de la chance dans les jeux de hasard, la réussite aux examens, fais revenir ta femme, ton chien, te donne de la FORCE virile, fait baisser la température de 12 degrés en période de canicule et pousser des pustules sur le membre viril de ton connard de patron. Ouvert tous les jours de 15h45 à 15h47, coût d’un appel + 100 euros. Travail sérieux et efficace. (555) 66 66 66 66. « 

          Aimé par 2 personnes

  2. Je n’ai pas lu grand chose de Catherynne M. Valente, mais j’ai trouvé sa novella « Silently and Very Fast » vraiment fascinante. C’est l’histoire d’une IA au service d’une puissante famille et qui est en particulier chargée de l’éducation de Neva. Pour lui faire comprendre des concepts tels qu’humanité, sentiments, création, elle va faire appel à des mythes et légendes. Du coup, j’y vois des analogies avec « Thirteen Ways .. » telle que tu l’as présentée. Mais, là encore, la langue très poétique de Valente peut constituer un obstacle. On a parfois (souvent ?) du mal à comprendre de quoi il s’agit. Peut-être l’impression ressentie par le lecteur est-il, pour elle, plus important que l’histoire. J’ai proposé au Bélial de mettre la novella au programme de Une Heure-lumière, mais ceux qui l’ont lue ne semblent pas enthousiastes.

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :