La Citadelle de Nacre (Le Cycle d’Alamänder 2/3) – Alexis Flamand

citadelleJ’avais beaucoup aimé le premier tome de la trilogie d’Alexis Flamand, La Porte des Abysses. Le livre était drôle et inventif, et m’avait réconcilié avec la Fantasy humoristique. Mon avis est plus réservé sur le second, La Citadelle de Nacre. Je m’explique.

Tout d’abord, il faut rappeler que cette trilogie est la réédition d’une série, le Cycle d’Alamänder, à l’origine sortie sous un format de 5 tomes. Le redécoupage en trois tomes provoque un rythme assez déstabilisant dans le flot de l’histoire. Et c’est là certainement le plus gros reproche que je ferai à la trilogie.

Dans ce second volume, l’histoire là où le premier l’avait laissée, c’est-à-dire au beau milieu de la bataille de Ker Fresnel contre les habitants des profondeurs, les Gretchens. Puis, celle-ci arrive à sa conclusion, suite à une intervention plus ou moins volontaire de notre héros Jon. Ce sera aussi pour lui l’occasion d’une importante révélation le concernant. Pour lui, et par pour toi, lecteur, car tu es déjà au courant. Par la suite, il apprend qu’il devra partir pour la cité ennemie de YArkhan. Mais, entre temps se déclenche une autre bataille. Cette fois-ci ce sont les Xeols qui s’y mettent, puis une autre faction en profite pour attaquer à son tour la cité souterraine. En parallèle, se met en place une longue traque à bord du Locust (superbe invention soit dit en passant) à travers le champ de blé carnivore.  Puis une fois tout ceci résolu… Jon arrive enfin à YArkhan. Ce second tome est ainsi découpé en quatre mouvements inégaux. De par ce rythme un peu perturbant, l’histoire contée peine à véritablement accrocher et se présente comme une succession de batailles dans et hors la cité de Ker Fresnel. J’ai trouvé la bataille pour Ker Fresnel longue, et la poursuite à travers le champ de blé plus longue encore.

D’autre part, Jon, héros principal de la saga, semble absent de la majeure partie de ce tome. On suit au cours des batailles d’autres personnages qui sont assez peu attachants. Jon est réduit à un simple rôle de spectateur. Jon c’est un peu Indiana Jones : c’est notre héros, il lui arrive des aventures, mais il subit celles-ci et on se dit à la fin, qu’il ait été là ou pas, cela n’aurait rien changé à l’histoire. C’est une critique que je faisais déjà sur le premier tome : tous les éléments de l’histoire, ses rebondissements, sont tellement contraints par des éléments extérieurs, des plans derrière les plans, des manipulations, des pièges tendus, etc, que les personnages n’ont aucune liberté d’action et aucune influence sur le déroulement de leur vie. Je trouve qu’il est contre productif dans un roman de suivre les péripéties d’un héros tout en sachant que, de toute façon, aucune de ses actions ne mènera à rien, la vérité étant systématiquement ailleurs. Non ? Jon est un héros certes lié par un destin très contraignant, mais il ne dispose d’aucun libre arbitre. Pour finir, Maek, le second personnage important du cycle est lui aussi quasiment totalement absent de cette histoire.

Si l’on retrouve beaucoup d’humour, puisque c’est cet aspect qui marque et définit le genre du cycle, avec une nouvelle fois des passages qui m’ont littéralement fait hurler de rire, il m’a manqué pourtant les éléments qui m’avaient vraiment charmé dans le premier tome, à savoir les très poétiques descriptions des sorts de Jon. Certes, on est censé avoir compris comment ça marche, et Alexis Flamand s’est sans doute dit qu’il était inutile d’en faire à nouveau des tartines. Donc, ici, les sorts sont lancés, et voilà. Sauf que cela nous prive de la poésie de la chose. L’autre aspect est la biologie. Divers passages du premier tome s’attachaient à décrire et expliquer la biologie parfois complexe du monde d’Alamänder. J’avais trouvé cela brillant, subtil, drôle et inventif. Sur ce point encore, Alexis Flamand fait des économies pour sans doute alléger, et faire avancer l’histoire. Sauf que celle-ci est, à mon humble avis, moins intéressante dans ce second tome et traîne en longueur

Puis, débute enfin le quatrième mouvement, la sortie du champ de blé et l’arrivée en vue de YArkhan. C’est fait dans les 50 dernières pages, mais j’ai retrouvé là toutes les qualités que j’avais appréciées au début du cycle. A nouveau la magie, la poésie, la biologie, l’inventivité. La cité de YArkhan est splendide ! Et Maek reparaît enfin. Dès qu’on sort de ce fichu champ de blé, le livre redevient prenant. Pour moi, ce tome est entièrement sauvé par ces 50 dernières pages et je suis à nouveau impatient de lire le troisième tome, la Nef Céleste, qui s’annonce épique. (Sortie prévue en Mai 2018)

Un autre avis sur Lu et approuvé


Sur Amazon.fr : Le Cycle d’Alamänder T2, La Citadelle de Nacre


Livre : La Citadelle de Nacre
Série : Le Cycle d’Alamänder (Tome 2)
Auteur : Alexis Flamand
Publication : 2017
Langue : Français
Nombre de pages : 544
Format : papier et ebook



Catégories :Cycles, Romans

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2 réponses

  1. 50 pages sur 544 pour sauver le bouquin, ca fait pas très lourd. J’attends donc de voir ton avis sur le tome 3 car pour l’instant, seul le premier me tente vraiment.

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