L’homme des jeux – Iain Banks

jeuxDans son cycle, dit de la Culture, Iain Banks imagine une civilisation utopique post-humaniste, technologiquement très avancée, politiquement anarchiste, moralement hédoniste, socialement égalitariste, regroupant pan-humains, races extra-terrestres assimilées à la Culture, et intelligences artificielles conscientes, et aux contours géographiques, démographiques et structurels assez flous. Culture n’a pas de planète mère : l’humanité est dispersée dans la galaxie, vivant principalement à bord de structures artificielles. Afin d’assurer la confort matériel et moral de tous les citoyens, la production est entièrement automatisée. La notion de propriété est inexistante, la notion de genre est variable. La plupart des citoyens ont opté pour des transformations génétiques assurant longévité, adaptabilité rapide, et contrôle du corps via des glandes sécrétrices de substances chimiques dopantes. Afin d’assurer sa stabilité, la Culture a décidé de placer le centre du pouvoir (si l’on peut utiliser un tel terme pour la Culture) hors de la portée des humains, entre les mains d’intelligences artificielles bienveillantes. Mais la Culture possède aussi une facette militariste et expansionniste, bien qu’elle s’en défende, assimilant les civilisations rencontrées plus ou moins violemment, par l’intermédiaire de Contact, l’agence d’interaction avec les mondes étrangers. Les romans qui constituent le cycle explorent tous, d’une manière ou d’une autre, les contacts entre Culture et d’autres civilisations à sa marge.

L’homme des jeux raconte comment Jernau Gurgeh, joueur professionnel parmi les meilleurs de la Culture, est appelé à collaborer (de manière plus ou moins volontaire) avec Contact afin d’étudier un jeu, l’Azad, au centre de l’organisation sociale et politique de l’Empire, une civilisation récemment découverte. Tout oppose la Culture et l’Empire, aussi bien politiquement, socialement que moralement. L’Empire est violent, dictatorial, inégalitaire, sexiste, guerrier et colonialiste, etc. Gurgeh va donc entreprendre un long voyage de 5 ans, pour apprendre l’Azad, se mêler aux Azadiens, découvrir leur société, et jouer à l’Azad qui présente une complexité sans égale. A partir de là, le ressort principal du roman est l’opposition entre Gurgeh qui joue pour le jeu, et les Azadiens pour lesquels il s’agit de tout sauf d’un jeu.

Les personnages. Le roman fait appel à de nombreux personnages secondaires. Les personnages principaux ne sont toutefois qu’une petite poignée. Le principal protagoniste est l’humain Jernau Gurgeh, le joueur. Gurgeh est un homme obsédé par le jeu dont il a fait sa raison d’être. Théoricien autant que praticien, il recherche toujours la nouveauté et une plus grande complexité. Hésitant à se mêler aux affaires de Contact, il y sera forcé par Mawhrin-Skel, intelligence artificielle quasi-psychotique, et ancien drone militaire exclu de Contact pour son instabilité émotionnelle. Durant son voyage, Gurgeh sera accompagné de Flère-Imsaho, drone bibliothécaire et passablement irritant chargé par Contact de l’aider à respecter les protocoles de l’Empire et éviter un incident diplomatique. Pour son apprentissage du jeu, et sa sécurité, il comptera sur Facteur-Limite, l’intelligence artificielle du vaisseau démilitarisé du même nom qui le transporte vers l’Empire. Après les drones qui l’accompagnent, les personnages les plus intéressants sont les Azadiens qu’il rencontrera. L’empereur en premier lieu, mais aussi Shohobodaum Za, l’ambassadeur alcoolique et foutraque de Culture auprès de l’Empire.

On retrouve dans L’homme des jeux des thématiques habituelles aux space opera modernes. On notera notamment des similitudes entre la Culture et les sociétés post-scarcity imaginées par  Charles Strauss, et bien d’autres dans la même veine.  Après une mise en place dans laquelle on découvre des nombreux éléments sur la Culture, et qui font de ce roman une très bonne porte d’entrée dans le cycle, l’histoire commence réellement dans la seconde moitié où l’on découvre cette fois la société de l’Empire. Banks en profite pour distiller quelques réflexions éminemment politiques. C’est aussi à partir de ce moment que le rythme s’accélère, au fur et à mesure des parties d’Azad disputées par Gurgeh. Le déroulement est très bien mené et je suis resté accroché par le roman, dévorant les 450 pages en une journée, jusqu’à son final somptueux et assez renversant, autant pour le lecteur que pour Gurgeh. L’homme des jeux est un excellent livre de SF.

Voir la critique de Vert

Sur Amazon.fr : L’homme des jeux


Livre : The Player of Games (L’homme des jeux)
Auteur : Iain Banks
Série : La Culture
Publication : 1988
Langue : Anglais
Traduction : 1992 par Hélène Collon pour le Livre de Poche
Nombre de pages : 472
Format : papier et ebook



Catégories :Cycles, Romans

Tags:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :