Une BD : Gagner la guerre tome 5 – Retour en grâce – Frédéric Genêt et Jean-Philippe Jaworski

La fresque s’achève, nous y voilà, puisqu’est sorti le 28 février dernier l’ultime tome de l’adaptation par Frédéric Genêt du roman de fantasy Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski, soit l’un des plus grands succès en fantasy française de ces dernières années. Il est inutile, je pense, que je revienne sur l’histoire qui nous est ici contée, j’imagine que comme beaucoup vous avez lu le roman — et si ce n’est pas le cas qu’attendez-vous ? On y suit les aventures de Benvenuto Gesufal, l’un de plus sales types que la littérature de genre ait pondus, à travers les intrigues politiques qui consument de l’intérieur la cité état de Ciudalia, inspirée de la renaissance italienne, entre Florence et Venise. 

Tout comme pour l’autre adaptation en cours d’un célèbre livre, celle de La Horde du Contrevent d’Alain Damasio par Eric Henninot, les lecteurs qui ont précédemment lu le roman abordent l’ouvrage avec toujours une certaine inquiétude, inhérente à la confrontation d’une vision personnelle autre à son propre imaginaire. Mais c’est là le jeu des adaptations, en BD comme au cinéma. Puis les premiers tomes avaient rassuré et l’on se laissait porter en arrêtant de grincer des dents préventivement.

En ce qui concerne le travail au long cours (7 ans !) de Frédéric Genêt, j’avais dit tout le bien que j’en pensais dans la chronique du tome 1, Gagner la guerre. Je relevais notamment la qualité de la mise en image des personnages, et pas seulement des premiers rôles, mais aussi de tous ceux qui constituent cette vaste galerie d’intrigants, avec une mention spéciale pour le personnage du sorcier Sassanos. De même, je louais les superbes illustrations qui donnait chair à la cité, véritable personnage à part entière de l’histoire. Plus tard, j’avais exprimé quelques doutes et déceptions sur le tome 2, Le Royaume de Ressine, dans lequel il m’avait semblé que Frédéric Genêt était moins à l’aise sur les décors extérieurs, notamment en ce qui concerne la partie maritime du récit plutôt ratée à mon goût. Mais ces doutes avaient été levés dans la tome 3, La Mère patrie, où l’on retrouvait des planches spectaculaires dans la cité de Ciudalia. J’avais lu, mais pas chroniqué le tome 4, dans l’attente du tome final.

Cette ultime livraison, Retour en grâce, est à la hauteur de la fin du roman lui-même. Tout pète dans les grandes largeurs, les épées croisent les sortilèges et le sang s’écoule sur la ville qui cède aux intrigues des plus vils des hommes. Benvenuto Gesufa est à la fois acteur, témoin et victime consentante de la violence engendrée par une politique qui mène à la tyrannie. Cette furie est parfaitement retranscrite dans ce volume, à la lettre, jusqu’aux derniers mots de conclusion prononcés par l’anti-héros et qui me font toujours autant rire.

Si j’ai exprimé quelques critiques sur les tomes précédents, c’est le jeu, je referme Retour en grâce et l’ensemble du cycle avec le sentiment d’avoir lu là un très bel ouvrage, une adaptation qui rend honneur à son matériau source, et engendre un ravissement visuel. Bravo, et merci pour le voyage en enfer.


D’autres avis : Gromovar,


  • Titre : Gagner la guerre — Retour en grâce
  • Série : Gagner la guerre — tome 5/5
  • Auteurs : Frédéric Genet et Jean-Philippe Jaworski
  • Publication : 28 février 2025 — Le Lombard
  • Nombre de pages : 72
  • Support : broché (17,40 €)

3 réflexions sur “Une BD : Gagner la guerre tome 5 – Retour en grâce – Frédéric Genêt et Jean-Philippe Jaworski

  1. Une fresque réussie oui, l’illustration de fin est bien choisie. Et la dernière bulle « enfoiré » assez drôle !

    Pas assez endurant pour la série de Jaworski (ou pour la fantasy tout court), l’adaptation bd remplit bien son office car elle est distrayante. Je perdais un peu la mémoire des aventures et des protagonistes entre chaque sortie d’opus… mais c’était un moindre mal. À vrai dire, une lecture des 5 tomes d’affilé n’est peut être pas non plus la meilleure idée car elle doit faire ressortir un peu le coté répétitif des intrigues : les manigances de chaque camp pour faire porter le chapeau à l’autre de ses propres exactions.

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