Stardust & The Wind Blows Free – Chad Oliver

Faisant suite à l’article publié hier sur le thème des arches générationnelles avec Spacebred Generations de Clifford D. Simak, continuons si vous le voulez bien notre exploration de quelques textes de science-fiction qui ont tracé les sillons du Long Voyage interstellaire pour les générations d’auteurs à suivre. Comme je le disais, au-delà des aspects techniques, l’un des motifs récurrents est le devenir des générations intermédiaires, celles qui n’ont rien à gagner de l’aventure dans laquelle elles se trouvent embarquées malgré elles et comment l’évolution de leur culture et de leurs croyances peut affecter le déroulement du voyage. Clifford D. Simak imaginait la création d’un mythe qui liait les membres de l’aventure sur des générations sans but autre que la perpétuation d’une idée originelle perdue dans les remous du temps. Mais quand bien même, les sociétés humaines étant sujettes aux lois qui gouvernent l’entropie, les choses inévitablement dégénèrent du fait d’un groupe ou d’un individu qui ne s’accommode pas des règles. Au fil des générations, l’imprévu devient une certitude et toujours le vent souffle où il veut.

Qui de mieux placé qu’un anthropologue pour discuter du devenir des populations ? Avant d’être un auteur de science-fiction, Chad Oliver (1928-1993) fut diplômé d’un doctorat d’anthropologie de l’université de Los Angeles puis professeur à l’université d’Austin. Auteur de neuf romans et d’une soixantaine de nouvelles, il a notamment écrit dans les années 50 deux textes sur les arches générationnelles : Stardust (1952) publié dans Astounding Science Fiction et traduit en français sous le titre « La poussière des étoiles » dans La grande anthologie de la science-fiction – Histoires de voyages dans l’espace, Livre de Poche, 1983, et The Wind Blows Free (1957) publié dans The Magazine of Fantasy and Science Fiction  et traduit sous le titre « Le vent souffle où il veut » dans Opta, Fiction n°68, 1959 et La Grande anthologie de la science-fiction – Histoires de cosmonautes, Livre de Poche, 1974. Ces deux textes sont disponibles en VO dans le recueil Far From this Earth publié chez Gateway (2015).

Stardust

S’inspirant de la cruelle ironie imaginée par A.E. van Vogt dans Destination Centaure (1944), Stardust fait le récit d’une rencontre improbable : celle d’un vaisseau spatial voyageant d’une planète à l’autre en quelques jours à travers l’hyperespace (concept introduit en SF dès 1931 par John Campbell dans la nouvelle Islands of Space) et du Viking, une relique des voyages interstellaires, à savoir une arche générationnelle, disparue des radars depuis plus de 200 ans. À son départ de la planète Terre, une population de 200 hommes et femmes se trouvait à son bord. Le vaisseau parait mort, mais dans le doute, il est du devoir de l’équipage de s’arrêter et de lui porter assistance. Toutefois, prévient l’anthropologue de bord, il convient de prendre quelques précautions, car après un si long temps passé dans l’isolement, les humains à son bord ont très certainement développé une culture bien différente de celle des hommes modernes. La nouvelle alterne habilement un double récit, proposant le déroulement des événements vus des deux côtés. À bord du Viking, la situation a évidemment dégénéré et l’équipage est divisé en deux factions s’affrontant pour la maitrise du vaisseau, l’une gardant espoir d’arriver à destination et l’autre prônant une vie d’errance dans l’espace. Leurs sauveteurs vont devoir imaginer un plan pour leur venir en aide sans provoquer de traumatisme trop important.

The Wind Blows Free

Le thème de la dissension au sein de la société qui est à nouveau exploré par Chad Oliver de manière très différente dans The Wind Blows Free. La nouvelle se déroule toujours à bord d’une arche générationnelle et raconte l’histoire d’un jeune homme appartenant à l’une de ces générations intermédiaires condamnées à une existence vaine. Lui n’arrive pas à s’adapter aux règles qui régissent la société du vaisseau. Sans cesse poussé à la marge à la fois par son caractère et par la hiérarchie du bord, il finit par transgresser les lois et explorer plus qu’il ne le devrait son environnement. Il finira par découvrir le grand secret que cachent les officiers du bord. Il s’agit d’une nouvelle à twist, que l’on devine malheureusement un peu trop rapidement. Moins efficace que Stardust, et plus maladroite dans l’écriture, la nouvelle n’en est pas moins originale pour son époque et sa chute a par la suite inspiré d’autres textes, voire des œuvres filmées. Je n’en dis pas plus.


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