Replay – Ken Grimwood **

replayLe 18 Octobre 1988, Jeff Winston a 43 ans. Il est journaliste de radio, marié à Linda, sans enfant. A 13H05 le téléphone de son bureau sonne. Linda : »Jeff, il faudrait que…. ». Jeff n’entendra jamais la fin de la phrase. Il s’écroule terrassé par une crise cardiaque à 13H06.

« Jeff ne parvenait pas à respirer. Naturellement : on ne respire pas quand on est mort. » La porte s’ouvre brutalement, et Martin Bailey, son camarade de chambre lui lance : « Eh, qu’est-ce que tu fous encore ici ? Il est onze heure moins le quart » …et nous sommes le 6 Mai 1963. Jeff a 18 ans, il est en première année de fac. Sauf qu’il a en tête la mémoire de toute une vie passée, jusqu’au 18 Octobre 1988. Il faudra quelques jours à Jeff, et quelques pages au lecteur, pour se rendre compte qu’une boucle temporelle vient de s’ouvrir. Une première fois. Car il y en aura d’autres. Jeff va vivre et revivre ces 25 années de sa vie, de nombreuses fois, en gardant la mémoire de tous les instants passés. Jusqu’à cette date fatidique du 18 Octobre 1988 à 13H06. Evidemment, avoir la mémoire du futur, celle des événements politiques, sportifs ou financiers qui vont se dérouler pendant 25 ans aide à apporter quelques modifications à sa vie. Notamment en changeant dramatiquement les conditions matérielles de son existence. L’argent n’étant rapidement plus un problème, grâce à quelques paris sportifs mais surtout de bons placements financiers dans de petites compagnies émergentes comme IBM ou Apple, que faire de sa vie ? Jeff Winston va en explorer plusieurs, des vies. Il va profiter de sa fortune, voyager, embrasser pleinement la libération sexuelle des années soixante, se faire ermite, etc… mais derrière les possibilités, que reste t’il ?

Si le thème de la boucle temporelle n’est pas nouveau, ni en littérature ni dans le cinéma (on pense bien sûr à de multiples références : 12:01 PM, Groundhog Day, ou plus récemment Source Code, ou Edge of Tomorrow), la particularité de Replay est qu’il ne s’agit pas d’un roman de science fiction basé sur les paradoxes historiques qu’une telle situation peut déclencher. Jeff Winston découvrira rapidement que quoi qu’il fasse, cela ne change pas grand chose. Sauf pour lui. Il s’agit d’un roman introspectif qui aborde ni plus ni moins que la question du libre arbitre et du sens de l’existence personnelle.

Un mot sur le style : ll est direct, très fluide, sans fioriture ni effet de manche, et l’écriture se fait transparente devant l’histoire. De par le thème même, il faut s’y attendre, les rebondissements sont nombreux et le déroulement du roman est très accrocheur. C’est un livre qu’on ne pose pas souvent. Le rythme, lent au départ, ne fait que s’accélérer au fur et à mesure des pages, pour finir dans une sorte de tourbillon.

Bien sûr, cela aide sans doute d’avoir le même âge que le personnage principal en tant que lecteur, et nombre de situations et d’interrogations ont fortement résonné chez moi. A cet âge, comme beaucoup, j’ai déjà eu l’occasion de vivre plusieurs tranches de vie, en quelque sorte, que ce soit sur le plan professionnel, géographique ou amoureux. La question des choix faits et des conséquences sur sa vie actuelle se pose donc de manière très pertinente. Je ne pense pas que ce roman parle autant à 20 ans qu’à 40, voire à 60. En tout cas ce fut pour moi une très belle expérience de lecture. Il s’agit d’un grand roman qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions inutiles, ne s’interroge pas sur le pourquoi du comment, mais va à l’essentiel.

Voir aussi la critique d’Apophis

Sur Amazon.fr : Replay


Livre : Replay
Auteur : Ken Grimwood
Publication : 1998
Langue : Français (Traduction de Guy et Françoise Caseril)
Nombre de pages : 432
Format: papier et ebook
Prix : World Fantasy (1988)



Catégories :Uchronie

2 réponses

  1. Je suis particulièrement de ton avis sur le fait que ce roman entre en résonance avec notre vécu surtout quand nous avons une certaine expérience de la vie (amoureuse, géographique et profesionnelle à avec ses hauts et ses bas.
    Je l’ai lu, mais, je n’ai pas pris le temps de la chroniquer, et en suite, sans notes, difficile de faire un avis comme je le souhaite.

    Aimé par 1 personne

Rétroliens

  1. Replay – Ken Grimwood | Le culte d'Apophis

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