Excession – Iain Banks ***

excessionExcession est le quatrième livre de Iain Banks dans le cycle de la Culture. Si les livres qui composent le cycle sont tous largement indépendants les uns des autres, il ne faut certainement pas commencer par Excession. Donc… ne commencez pas le cycle de la Culture par la lecture d’Excession. Après, c’est vous qui voyez, mais vraiment, si vous commencez par Excession, vous ne comprendrez rien. Vous voilà prévenus.

La toile de fond. La Culture est une civilisation utopique imaginée par Iain Banks et qui constitue la toile de fond du cycle de la Culture. Diaspora d’humains, d’intelligences artificielles et de quelques autres espèces disséminées très largement dans la galaxie et au-delà, La Culture assure le bien-être et la longévité de tous ses citoyens. Au sein de la Culture, tout va bien et c’est très certainement sous son égide qu’il fait bon vivre que l’on possède deux jambes ou quatre ou aucune, un corps organique ou minéral. Ce n’est donc pas au sein de la Culture qu’il va se passer des choses intéressantes, mais à sa marge, c’est-à-dire là où Contact, le service diplomatique et militaire de la Culture agit. Car comme toute société sûre (à juste titre) de sa supériorité technologique et morale, la Culture a tendance à intervenir dans les affaires de ses voisins, moins avancés, moins égalitaristes, moins gentils, en un mot moins… Culture. Ah oui, un détail : au sein de la Culture, l’administration du monde a entièrement été mise entre les « mains » d’intelligences artificielles très avancées, et généralement bienveillantes, les Mentaux.

Le roman. Dans les trois romans précédents (Une forme de guerre, L’homme des jeux, et L’usage des armes) Iain Banks questionnait, sous diverses formes, le dilemme de la Culture face aux civilisations qui ne partagent pas tout-à-fait les mêmes idéaux et les justifications de son interventionnisme. Ces romans sont assez sombres, et montrent que sous ses dehors de bienfaitrice moralement avancée, la Culture n’échappe pas à sa part d’ombre. Dans Excession, roman nettement moins sombre, l’ambiguïté morale de la Culture est explorée d’un point de vue totalement différent. Dans ces pages, les personnages principaux ne sont pas les humains, ou assimilés, mais les vaisseaux et leurs Mentaux. L’idée directrice du roman est d’explorer les réactions de ces êtres infiniment sages et intelligents que sont les Mentaux lorsque la Culture se trouve confrontée à un Problème Hors Contexte. Pour faire simple, un problème hors contexte est ce genre de légère perturbation qu’une civilisation n’a jamais l’occasion de rencontrer qu’une seule fois. Genre le débarquement des Espagnols aux frontières de l’empire Inca. Vous saisissez l’idée ? Dans ce cas-là, le problème hors contexte est l’apparition d’un artefact, une Excession, dans un coin paumé de l’univers. Personne ne comprend de quoi il s’agit, mais à l’évidence cet artefact manipule le tissu de l’univers d’une manière inenvisageable, même théoriquement, par les Mentaux de la Culture. Bien sûr, tout le monde va se précipiter dessus des 4 coins de l’univers, Culture, amis et ennemis, en espérant en tirer un bénéfice technologique sans égal. Les Mentaux vont se révéler être finalement très humains, trop humains. Complots, individualismes, traîtrises et escalades extrêmes de violence vont fournir la trame du récit.

Excession est un livre difficile à lire, mais gratifiant. On y entre lentement, en se concentrant sur sa lecture. J’ai mis 10 jours pour lire les 200 premières pages, puis 2 jours pour lire les 400 suivantes. Une fois le mécanisme absorbé et la foultitude de personnages et de vaisseaux digérée, le rythme s’accélère brutalement jusqu’au final. Voir la Culture du point de vue de ceux qui la font fonctionner, les Mentaux, est une superbe page ajoutée à ce cycle. Et bien sûr, elle est beaucoup plus complexe que ce que les précédents romans pouvaient laisser entrevoir. Si jusqu’ici nous, lecteurs, pouvions nous laisser aller et nous reposer sur les Mentaux pour que tout tourne rond, à partir d’Excession notre perception de la Culture s’en trouve radicalement chamboulée. Il faut ajouter à cela l’humour de Banks, notamment et évidemment dans le choix des noms des vaisseaux. Mon préféré ? Une Unité d’Offensive Rapide de classe Psychopathe nommée « Sincère Echange de Point de Vue ». « Service Couchettes » est aussi assez truculent, mais je n’expliquerai pas pourquoi…

Alors oui, certains déploreront cette fin où l’on ne sait toujours pas ce qu’est l’Excession. Personnellement, cette fin me convient car sa nature n’est pas le thème du roman, c’est sa rencontre et ce qu’elle engendre qui l’est. De plus, il s’agit d’un problème hors contexte, et si on veut être cohérent, on ne saurait donc être en mesure de le comprendre du point de vue de la Culture.

PS : Si jamais vous en doutiez, c’est vraiment balèze un vaisseau de guerre de la Culture quand même !

Voir aussi l’avis d’Apophis.


Sur Amazon.fr : Excession


Livre : Excession
Auteur : Iain Banks
Série : La Culture
Publication : 2012
Langue : Français
Nombre de pages : 635
Format : papier et ebook



Catégories :Singularité, Space Opera

1 réponse

Rétroliens

  1. Excession – Iain M. Banks | Le culte d'Apophis

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