[Billet d’humeur] Le livre, ce produit de luxe.

Une fois n’est pas coutume, je m’autorise un billet d’humeur sur ce blog. Dans cet article paru hier dans Actuallité, on apprend que le ministère de la Culture a fixé à 3€ le montant minimum obligatoire pour l’expédition des livres. Ce qui signifie que lorsque vous achèterez un livre en ligne, il vous faudra débourser 3€ supplémentaires. Ce montant sera réduit à 1 centime pour les commandes de plus de 35€. L’intention de cette réglementation, en apparence, est de contrer la concurrence faite aux libraires par les grands acteurs du commerce en ligne. Ceux-ci, jusqu’ici, prenaient en charge les frais d’envoi. Ils n’auront plus à le faire et le coût devra désormais être assuré par le lecteur. De fait, cette règlementation va profiter à ces grands distributeurs. Les plus petits, eux, vont souffrir. Plus encore, les petites maisons d’édition, qui ne bénéficient pas d’une distribution importante en librairie et vendaient leurs livres eux-mêmes directement à leurs lecteurs, vont souffrir. Ainsi que les auteurs. Une fois encore, la loi favorise les grosses structures de diffusion et les grandes maisons d’édition aux dépens des plus modestes. Cela aboutira à une réduction de l’offre accessible aux lecteurs et à une réduction de l’attractivité du livre. Ce dont, à ce moment de son histoire, il se serait bien passé. Non, il n’y aura pas plus de lecteurs dans les librairies. Il y aura juste moins de lecteurs.

La vitrine de la librairie spécialisée Le Nuage vert à Paris, ce matin.

En répercussion de la crise du papier, en cette fin d’année les livres en grand format vont allégrement dépasser la barre symbolique des 25€. Gros lecteur, je n’ai personnellement pas les moyens d’ajouter 3€ à ce prix déjà élevé. Par chance, j’habite en région parisienne et j’ai un accès relativement facile à des librairies spécialisées dans lesquelles je vais pouvoir continuer à commander et acheter des livres. Mais je suis aussi client des services d’achat en ligne. Notamment auprès des maisons d’édition indépendantes dont j’achète les livres via leurs sites, souvent en précommande, dans le but de les soutenir. Je grouperai donc mes achats afin de dépasser le seuil des 35€. Rien de dramatique donc. Mais il y aura tout de même conséquence. Je limiterai désormais les achats compulsifs, auxquels je m’adonnais avec plaisir car ils me fournissaient l’occasion de découvertes heureuses, et qui au final constituaient une partie importante de mes achats. En lieu et place, je privilégierai les achats réfléchis, sages, vers des valeurs sûres et moins aventureuses.

Puisque nous sommes sur un blog, parlons aussi des conséquences sur les chroniques qui seront ici publiées, quand bien même cela est dérisoire. Vous l’avez peut-être noté, je chronique moins de livres en VO depuis quelques temps. Cela est dû aux difficultés d’achat de livres en Angleterre depuis le Brexit. J’ai dû donc revenir au format électronique qui est loin d’être un format que j’apprécie. Moins de livres lus donc. En ce qui concerne les lectures en VF, l’achat groupé auprès des éditeurs introduira mécaniquement un temps de délai entre la parution du livre et sa chronique.  Je ne précommanderai plus, mais j’attendrai quelques mois afin de faire des commandes pour plusieurs ouvrages. Les chroniques seront donc publiées au fil de l’eau, tout aussi régulièrement mais plus tardivement. (Seuls les livres reçus en service-presse, c’est-à-dire ceux publiés par Albin Michel Imaginaire puisqu’il s’agit du seul éditeur dont je reçois régulièrement des SP, pourront encore être chroniqués au moment de leur sortie.)

Voilà. Rien de dramatique, juste un billet d’humeur. Les vrais problèmes sont ailleurs. Keep reading.


28 réflexions sur “[Billet d’humeur] Le livre, ce produit de luxe.

  1. Je trouve que le prix des livres devient déjà difficile à suivre pour moi. J’ai voulu acheter des romans chez AMI en librairie et ils ont déjà dépassé la barre des 25 euros depuis un moment… Du coup je les ai reposés parce que quelques euros par ci, quelques euros par là, ça fait vite beaucoup trop d’euros au total :/ Et je suis un peu gênée de contacter Gilles Dumay pour lui redemander des SP, même en numérique (je les prends toujours comme ça), juste parce que j’ai pas les moyens en fait. C’est un peu hypocrite de ma part alors que je tiens à soutenir les parutions x) ça fait des semaines que je suis sur ce dilemme insoluble. Je me mets du coup à la place des lecteurs lambdas… (dans le sens, qui n’ont ni blog ni sp) et tu résumes très bien : il y aura juste moins de lecteurs. Déjà avec la crise du papier qui fait augmenter les prix, si en prime il faut rajouter des frais de port à 3 euros (x combien ? Imagine tu veux un livre par éditeur différent, sur un mois, ça peut chiffrer vite), il est clair que je ne précommanderais plus. Je le fais déjà assez peu car je préfère acheter en salon mais là… Bref je te rejoins et je partage d’ailleurs ce billet sur Twitter tout de suite.

    Par rapport à la crise du papier, je voulais te demander ton opinion sur un élément : personnellement je pense que vu la situation, l’avenir du livre et de la littérature est d’évoluer d’un support papier au support numérique, ce que la technologie de la liseuse peut facilement encourager vu ses qualités (confort de lecture identique, plus grand stockage, facilité de transport). Penses-tu que ce soit l’attachement (émotionnel, historique) au format physique qui empêche cette évolution qui me parait pourtant évidente ? Ou qu’il y aurait d’autres raisons ?

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    1. Chacun a un rapport au livre et à la lecture qui lui est personnel. Il y a bien sûr l’attrait du livre objet qui compte pour beaucoup. Avoir un livre physique en main n’est pas la même chose qu’avoir une liseuse. Perso, je fais partie des gens qui cornent les pages, annottent, cela fait partie de mon rapport au livre, de mon expérience de lecture, et j’y suis attaché. L’attrait de la bibliothèque chez soi, comme lieu ouvert et accessible à tous. Etudiant, j’ai travaillé pendant 5 ans dans une bibliothèque spécialisée. Parcourir des raoynnages et se tenir devant des livres qui n’attendent qu’à être saisis et tenus en main est un truc viscéral. Il y a aussi simplement la question du confort. Pour ma part, j’ai du mal à lire sur un écran. J’ai aussi une mémoire visuelle, et je sais retrouver un passage dans un roman à sa localisation géographique dans le livre. Et il y a la question de la préservation… Enfin, il y a mille et une raison de préférer le livre physique ou à l’inverse le livre électronique.

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      1. Merci pour ta réponse, c’est vraiment intéressant d’avoir un autre point de vue. Ce qui est drôle c’est que quand je te lis je me dis « moi aussi j’aime tout ça » alors que quand je réfléchis à la problématique je l’oublie aisément… Comme tu le soulignes, chaque personne a son propre rapport au livre mais je pense que des contraintes techniques finiront par nous obliger à le revoir.

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  2. Je trouve ton titre fort bien trouvé.

    Cela fait quelques années que je lis moins, pour des raisons professionnelles puis personnelles, et j’espère pouvoir m’y remettre bientôt. Hélas, le prix du livre devient un vrai problème pour moi aussi. On va dire que je prévois un budget mensuel (que j’éclate plutôt souvent) et que je privilégie la librairie « physique » (je vis moi aussi dans une grande ville, avec une offre de qualité). Quand je désire quelque chose de très particulier, je passe commande et je vais en point de retrait (qui n’est autre parfois que l’une des enseignes de la librairie où je commande…) et donc les frais de port, je ne connais pas trop…

    Et pourtant, je me dis qu’à voir des livres à plus de 25€ je vais réfléchir et limiter moi aussi les achats « compulsifs » – ce que j’appelle quant à moi des « récoltes », à vrai dire… Alors pour ceux qui n’ont en effet pas comme moi la latitude d’aller retirer en librairie, ça va finir par faire beaucoup. Surtout à 3€ par livre.

    Pour réagir au message d’OmbreBones, je lis en numérique sans doute pour les mêmes raisons que toi et pourtant je reste attaché à l’objet « physique ». Plusieurs raisons : outre celles que tu cites, je suis préoccupé par le caractère parfois « fermé » ou « propriétaire » (au sens informatique du terme) des interfaces des liseuses. Il n’y a rien d’anodin à ce qu’un livre soit installé sur une liseuse plutôt que sur une autre : les opérations de conversion si tu veux changer de terminal peuvent être ardues voire impossibles à réaliser. Et donc, une fois dans un écosystème de liseuse le lecteur sera contraint « en douceur » à ne jamais en sortir. C’est ainsi que par paresse je n’envisage pas de me procurer une liseuse chez un autre fabricant que celui auprès duquel je me suis procuré les miennes…

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  3. Je n’avais pas entendu parler de cela…
    Clairement cela va changer mes habitudes. D’un côté je suis chafouine parce que comme tu dis ça va limiter les achats impulsifs en ligne. De l’autre, je me dis que ce sera l’occasion de les commander à mes libraires à la place.
    A voir à l’usage.

    Par contre pour les cadeaux aux amis habitants loin chez qui je faisais livrer, ça m’embête plus…

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  4. Très bon billet. Avec toutes les hausses annoncées c’est un coup en plus pour le porte monnaie.
    Ca fait déjà pas mal d’années que j’achète moins de livres de façon compulsive. Je privilégie les salons (heureusement que les confinements c’est fini… mais ils seront obligés de revenir en arrière si on se retrouve dans cette situation).
    Par contre pour les petits éditeurs et je pense aussi à certains mangas qu’on ne trouve que en ligne… ca va revenir très/trop cher.
    J’ai vraiment cette impression qu’au lieu de trouver une solution pérenne ils ont choisi la facilité. Faisons payer plus comme ça ils ne voudront pas payer plus et se déplaceront.
    Mais faut-il encore pouvoir se déplacer, avoir un accès à une librairie, avoir accès à une librairie avec un large choix etc….
    Cette nouvelle règle va, au contraire de ce qu’ils pensent, réduire le nombre de lecteurs et agrandir les inégalités.
    Je suis dégoûtée.

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    1. Je pense aussi que c’est une mesure qui va réduire le nombre de lecteurs et, comme tu le dis, agrandir les inégalités. À aucun moment le lecteur n’a été pris en compte dans cette équation, mais les éditeurs dans leur diversité non plus au final.

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  5. Un billet bienvenu sur une problématique qui l’est beaucoup moins. 25+3 ça fait quand même un peu moins de 30 euros et c’est loin d’être négligeable. Outre les inégalités entre ceux qui peuvent payer régulièrement cette somme ou pas, ce qui me gêne aussi ce sont les différences de disponibilités. J’entends par là ceux qui, comme moi, habitent dans une grande ville et peuvent aisément passer faire leurs retraits en librairie et ceux qui habitent en zones rurales et n’ont pas d’autre choix que la commande en ligne. Sans oublier ceux dont la situation professionnelle et/ou familiale ne permet pas le déplacement sur le point de vente.
    Bref, encore un « machin » dont on se demande sérieusement s’il a été pensé dans l’intérêt des lecteurs (j’ai le droit d’en douter) et qui semble oublier que les librairies vivent des acheteurs dont une partie sera pénalisée. Bien vu l’aveugle…

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  6. Merci pour cette article, je n’avais pas entendu parlé de cette augmentation…
    Ce qui me désole le plus, c’est de devoir attendre vos chroniques plus longtemps!!! Sinon, je suis principalement un lecteur de bibliothèque, ça reste le plus économique, dans tous les cas. Je n’achète un livre que quand je ne le trouve pas en bibli et qu’il me fait vraiment envie en librairie (et en poche!!)

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    1. Et heureusement que les bibliothèques sont encore là et qu’elles ne sont pas taxées. Mais ce ne sont pas elles qui peuvent rémunérer les auteurs et faire tourner le monde de l’édition. J’espère que personne n’aura la mauvaise idée de faire payer les emprunts en bibliothèque. Pour le moment la contribution est forfaitaire. Esperons que ça le reste.

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  7. « Billy Summers » de Stephen King (par exemple) :
    – en France : 24,90 + 3 € (papier), 15,99 € (num)
    – aux Etats-Unis : 14,10 $ (papier), 4,68 $ (num)
    La politique du prix du livre en France n’a aucune considération pour le lecteur/consommateur (le « King » livré représente plus de 1,5 % du revenu net médian en France). Une sorte de racket guidé par des théories malthusiennes. On va dire que ça va dans le sens de la décroissance (économique autant qu’intellectuelle), de la préservation de la ressource, et même de la sobriété numérique …

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  8. C’est d’une absurdité sans nom. Je comprends leurs réflexions pour favoriser la proximité mais ils n’ont pensé qu’en tant que citadins ayant des librairies à côté de chez eux et pour des livres grands format.
    Tu ne vas pas mettre 3 euros de livraison pour un poche, une novella 1115 Editions ou UHL, qui coûte moins de 10 euros : 25% du prix du livre !!!
    A part faire fuir les lecteurs, faire fermer les petits éditeurs, précariser plus la chaine du livre (auteur, traducteur…), je ne vois pas comment cela peut améliorer un secteur qui étouffe de surproduction et qui cherche à attirer de nouveaux lecteurs et fidéliser les anciens.
    J’ai l’impression que la solution est pire que le mal.

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  9. Quand j’ai vu ça, j’ai immédiatement pensé aux toutes petites maisons d’édition qui distribuent en direct via leur site internet. J’ai de la peine pour eux. Le gouvernement va produire complètement l’inverse de ce qu’il voulait. Pour ma part, 99% des livres que j’achète sont des ebooks et ce depuis des années. En physique, je n’achète que des beaux livres ou des livres collector. Du coup, j’arrive bien mieux à maitriser des mon budget lecture. Quand je veux un livre physique, je vais le prendre dans un espace culturel Leclerc hyper bien rempli au niveau imaginaire. Mais je comprends tout à fait les enjeux des professionnels du livre et des tout petits éditeurs qui, en plus de subir de plein fouet la hausse du papier, vont avoir en plus ce problème des frais d’expédition.

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  10. Oui, bon, les frais d’expédition à 0,01 € c’est quand même juste un moyen de contourner le prix unique du livre et de faire une concurrence déloyale aux librairies physiques. Un transporteur qui livre un livre pour 0,01 € ça n’existe pas et l’éditeur qui vend en ligne paye le transport sur la marge prévue pour le libraire.

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      1. Non bien sûr, mais s’ils ne sont pas distribués en librairie, ils n’ont pas besoin de prévoir la marge du libraire dans le prix qu’ils décident pour leur livre. Donc fixer un prix moins élevé pour le livre et faire payer le transport. Au final ça ne sera pas plus cher pour le client et il saura ce qu’il paye.

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        1. Les novellas publiées par des éditeurs comme 1115, le Bélial’, Flaland etc, sont vendues entre 8 et 10€. Ils ne peuvent pas réduire le prix de 3€ comme le leur impose la décision du ministère. Pour eux, c’est économiquement intenable.

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          1. Le ministère ne leur impose pas de réduire leur prix, il impose juste de ne pas utiliser pour le transport la marge prévue par l’éditeur (c’est lui qui fixe le prix du livre) pour le libraire.

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          2. Le ministère leur impose un tarif minimum obligatoire ridiculement élevé (jusqu’à 30% du prix d’une novella ou d’un poche). Il leur interdit donc de vendre leur livre. Tout simplement. Je prends le pari que l’année prochaine, les éditions 1115 ne vendent plus un seul texte en format physique. Et les libraires n’y gagneront pas de nouveaux clients. C’est juste complètement con.

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        2. En conséquence, le format novella qui était en plein essor en France grâce à différentes maisons d’édition indépendantes, risque de disparaitre à nouveau pour des raisons économiques liées aux frais de port.

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  11. Le syndicat des libraires indépendants demandait plus que 3 € et les gros comme Amazon ont lutté pour pas que ça passe. C’est fort de café de prétendre que ça favorise les gros. Les librairies indépendantes ne peuvent pas lutter avec Amazon avec des frais de port à 1 centime.
    Le transport a un prix, et c’est pas 1 centime, et les conséquences ce sont des conditions de travail des livreurs qui sont très moches. Le Belial qui facture la livraison à 1 centime ils perdent forcément de l’argent quelque part.
    De plus les gens qui commande sur internet ce sont majoritairement des urbains qui ont accès à des librairies.
    Enfin on est en 2022, il y a une surproduction de livre, des problèmes environnementaux et sociaux, il faut responsabiliser ses achats, donc se plaindre parce qu’on peut pas consommer comme on veut un produit culturel sans aucune considération des impacts c’est un peu triste.

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    1. « C’est fort de café de prétendre que ça favorise les gros. »
      Pourtant cela semble pourtant être la conclusion tirée par beaucoup de monde, y compris Roselyne Bachelot qui était ministre de la Culture à l’époque des débats à l’assemblée.
      « Les librairies indépendantes ne peuvent pas lutter avec Amazon avec des frais de port à 1 centime. »
      Nous sommes d’accord. Mais l’idée est-elle de défendre les librairies ou le livre ?

      « Le transport a un prix, et c’est pas 1 centime, et les conséquences ce sont des conditions de travail des livreurs qui sont très moches. Le Belial qui facture la livraison à 1 centime ils perdent forcément de l’argent quelque part. »
      C’est pourquoi beaucoup d’acteurs de la filière (sauf les libraires) demandent des négociations avec la Poste pour obtenir des tarifs préférentiels pour les livres. Est-il logique que l’envoi d’un livre vers l’étranger coûte 1,9€ et entre 6 et 8€ vers la France ?
      En ce qui concerne la facturation des frais de port par les maisons d’édition indépendantes qui font de la vente en ligne, il faut se souvenir que la part des libraires sur le prix de vente d’un livre se situe entre 30 et 33% (Chiffre du syndicat de la librairie française). Les éditeurs s’y retrouvent donc.

      « De plus les gens qui commande sur internet ce sont majoritairement des urbains qui ont accès à des librairies. »
      Je ne suis pas convaincu par cette affirmation. Je demande à voir des chiffres. Le directeur d’Amazon France (à prendre avec de grosses pincettes donc) prétendait que   « plus de la moitié des livres achetés sur Amazon le sont par des habitants de communes de moins de 10.000 habitants ». Vrai ou pas, il est clair que tout le monde n’a pas accès simple à une librairie et encore moins une librairie spécialisée. Toujours d’après le SLF, il y a 3500 librairies indépendantes en France. Elles détiennent 40% du marché, loin devant les autres enseignes culturelles, les supermarchés et la vente en ligne. Cette dernière ne représente que 15% des ventes. Encore une fois, ces chiffres proviennent du syndicat des libraires.

      https://www.syndicat-librairie.fr/le-reseau-des-librairies/chiffres-cles

      « Enfin on est en 2022, il y a une surproduction de livre, des problèmes environnementaux et sociaux, il faut responsabiliser ses achats, donc se plaindre parce qu’on peut pas consommer comme on veut un produit culturel sans aucune considération des impacts c’est un peu triste. »
      Actuallité révélait récemment qu’aucune étude d’impact n’a été réalisée sur cette loi.
      https://actualitte.com/article/104712/droit-justice/livres-et-frais-de-port-la-loi-darcos-finalement-prejudiciable-aux-librairies
      La surproduction est indéniablement l’un des problèmes. Il y a beaucoup d’autres facteurs qui s’y ajoutent. Le prix des livres neufs est déjà sous-évalué par rapport à ce qu’il faudrait pour correctement rémunérer les différents acteurs de la filière. Cela fait partie des problèmes sociaux. Mais ce problème joue dans les deux sens. En reportant intégralement l’effort sur le lecteur, toute la filière va en souffrir. Un livre trop cher ne se vendra pas, tout simplement. Entre éditeurs, libraires et lecteurs, les intérêts sont divergents. Tout le monde voudrait produire, vendre et acheter des livres, mais pas aux mêmes conditions. Je n’ai pas la solution, et je pense que personne ne l’a. Mais en l’état, il me semble que les libraires n’y gagneront rien, que des petits éditeurs vont se prendre une raclée monumentale, et que le nombre de livres vendus va baisser. Est-ce une bonne chose ? Peut-être, je ne sais pas, je vous laisse juge.

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